N°57 – Forbidden fairy tale

September 17, 2025

Warsaw, 10th September,

On the 25th of June, I landed in Budapest to report on the banned Equality Parade. And at the same time, I became a smuggler.

Since 2021, Hungary has had a law prohibiting the sale of books with LGBTQIA+ themes. They can’t be sold within 200 metres of churches, schools and kindergartens, which in practice makes it impossible to sell them in cities. In addition, they must be wrapped in plastic and marked as 18+, like porn magazines used to be in kiosks.

This is one of the reasons why the book “Kraina baśni jest dla wszystkich” (translation of the Hungarian book “Meseország mindenki锓Fairyland is for everyone, in English”, ed.), published in Poland by Krytyka Polityczna, has been banned in Hungary. In the book, you will read, among other things, a story about a rabbit who was born with three ears and who uses his difference and uniqueness to save the forest. Or the story of Thumbelina, who, although tiny, has the extraordinary strength to face life.

So I decided to smuggle it in. I kept the book deep in my backpack, underneath my camera and cables, as if it were something shameful or dangerous. Every time I passed armed officers or saw police dogs sniffing around, I felt a little jolt of adrenaline as if they could somehow sense that I was carrying “forbidden” literature. Of course, the real risk was not that I would end up in prison, but that the book might be confiscated, destroyed, or never reach the people who needed it most.

The airport search dogs didn’t detect it and the book visited Budapest in my backpack. It was my subversive contraband for five days. Carrying it through the city felt both absurd and serious: a children’s fairytale turned into contraband.

Budapest was full of police patrols that week, the banned Equality Parade brought extra surveillance, and officers were stopping people at random. None of the policemen who eyed me suspiciously because I was a lone traveller with a camera bag had any idea that I was hiding an illegal children’s storybook in my backpack.

The book reached its destination: our friends at 444, one of the last independent editorial offices in Hungary and one of our partners in Sphera Network, whose future is uncertain. In a recent In Vivo (link at the end of the text, ed.), Gábor Kardos —the CEO of Magyar Jeti Zrt, the publishing company of 444.hu— wrote about the threats independent medias in the region are currently facing. I encourage you to support them because we must stand in solidarity with our European friends (you can sign our petition here and/or donate to 444 via the links at the end of the text, ed.).

Nevertheless, despite this restrictive atmosphere, the banned parade in Budapest attracted large crowds, which was a sign of European solidarity. Unfortunately, after returning to Poland, I came back to the reality of a country where although you can publish a book like “Kraina baśni jest dla wszystkich”, there is no marriage equality. The liberal government that defeated right-wing populists in 2023 is unable to reach an agreement on this issue.

Rainbow families in Poland are still invisible in the law, they have to stand up for themselves. When, I went with my camera to visit Miłka, who together with her partner Ola is raising two wonderful —and very loud— sons, she told me : “We always say directly: we are together.   We have this family model and no other. And you either accept it or you don’t. But you have to deal with it because for us it’s okay, it’s our life and it’s none of your business.”

She’s right, but still, the situation in Poland is not good for queer people. According to research conducted by the University of Warsaw. 98% of LGBTQIA+ people in Poland experienced some form of micro-aggression between 2019-2020. 55% of participants responded that they sometimes have suicidal thoughts. Almost 70% of LGBTQIA people have experienced at least one form of violent behavior because of their sexual orientation or gender identity.

At Krytyka Polityczna, we know that the representation of minorities —such as Miłka and Ola’s family—  is extremely important to change mentalities. It shows every child that their identity and their family can exist in stories, and that they are not alone or “wrong.” Representation helps LGBTQIA+ kids grow up with self-acceptance and hope, while also teaching all the other children —and let’s hope their parents— empathy and understanding of difference.

When love, family, and identity appear in many forms, it reduces prejudice, bullying, and fear. It also helps protect the mental health of young people who might otherwise feel isolated. That’s why for us at Krytyka Polityczna, it is essential to ensure diversity in the titles we publish. And when necessary to smuggle them into other countries.

✍️Sign our petition for press freedom in Europe

💶Donate to 444

👀Read Gábor Kardos’s story

Przemysław

Przemysław is a video journalist at Krytyka Polityczna. On his last trip to Hungary, he decided to take the book “Kraina baśni jest dla wszystkich”—a children’s book that’s banned from sale in the country.

Le conte de fées interdit

September 17, 2025

Varsovie, le 10 septembre,

Le 25 juin, j’ai atterri à Budapest pour couvrir la Marche des fiertés interdite dans la capitale hongroise. Au même moment, je suis devenu contrebandier.

Depuis 2021, une loi interdit la vente de livres abordant des sujets LGBTQIA+ dans le pays. Ils ne peuvent être vendus à moins de 200 mètres des églises, écoles ou crèches, ce qui en pratique rend la chose impossible. Ils doivent également être mis sous blister avec un avertissement « 18+ », comme l’étaient les magazines pornos en kiosque.

C’est l’une des raisons pour lesquelles le livre Kraina baśni jest dla wszystkich (traduction du livre hongrois Meseország mindenkié, « Tout le monde a droit au pays des contes de fées », en français, ndlr.), publié en Pologne par Krytyka Polityczna, le média pour lequel je travaille, a été interdit en Hongrie. Dans ce livre, il est entre autres question d’un lapin né avec trois oreilles, qui utilise sa différence pour sauver la forêt. Ou encore de Thumbelina, qui, bien que petite, possède une force extraordinaire pour faire face à la vie.

J’ai donc décidé de profiter de ce voyage pour faire passer l’ouvrage en douce. J’ai gardé le livre au fond de mon sac à dos, sous mon appareil photo et mes câbles, comme s’il s’agissait de quelque chose de honteux ou de dangereux. Chaque fois que je passais devant des officiers armés ou que je voyais des chiens policiers renifler autour d’eux, je ressentais une petite montée d’adrénaline, comme s’ils pouvaient d’une manière ou d’une autre sentir que je transportais de la littérature « interdite ». Bien sûr, le vrai risque n’était pas que je finisse en prison, mais que le livre soit confisqué, détruit ou ne parvienne jamais aux personnes qui en avaient le plus besoin.

Les chiens de détection à l’aéroport n’y ont vu que du feu, et le livre a visité Budapest dans mon sac à dos. Il a été ma subversive marchandise pendant cinq jours. Le transporter à travers la ville me semblait à la fois absurde et grave : le conte de fées pour enfants se transformait en objet de contrebande.

Cette semaine-là, les rues de la capitale hongroise étaient pleines de patrouilles de police. La Marche des fiertés interdite avait entraîné une surveillance supplémentaire et les policier·ères arrêtaient des gens au hasard. Aucun des agent·es qui me regardaient avec suspicion, moi, voyageur solitaire avec un sac pour appareil photo, n’avait la moindre idée de ce que je cachais.

L’ouvrage est arrivé à destination : chez nos amis de 444, l’une des dernières rédactions indépendantes de Hongrie et l’un de nos partenaires du réseau Sphera. Dans un récent numéro d’In Vivo (lien disponible à la fin de ce texte, ndlr.), Gábor Kardos, PDG de Magyar Jeti Zrt, la maison d’édition de 444, décrivait les menaces auxquelles sont actuellement confrontés les médias indépendants dans la région. Aujourd’hui, leur avenir est incertain et je t’encourage à les soutenir, toi aussi (tu peux par exemple signer notre pétition de soutien ou faire un don à 444 via les liens à la fin de ce témoignage, ndlr).

Pendant ce temps, à Budapest, malgré cette atmosphère restrictive, la parade interdite a attiré les foules — vrai signe de solidarité européenne, à mes yeux. Malheureusement, à mon retour en Pologne, je me suis retrouvé de nouveau confronté à la réalité d’un pays où, même si l’on peut publier un livre comme Kraina baśni jest dla wszystkich, le mariage pour tous n’existe pas. Le gouvernement libéral qui a battu les populistes de droite en 2023 est incapable de parvenir à un accord sur cette question.

Les familles arc-en-ciel en Pologne sont encore invisibles aux yeux de la loi, elles doivent se défendre seules. Lorsque, avec mon appareil photo, j’ai rendu visite à Miłka, qui élève avec sa compagne Ola deux fils merveilleux, mais très bruyants, elle m’a dit : « Nous le disons toujours clairement : nous sommes ensemble. Nous avons ce modèle familial et aucun autre. Et soit vous l’acceptez, soit vous ne l’acceptez pas. Mais vous devez vous en accommoder, car ça nous convient, c’est notre vie et ça ne vous regarde pas. »

Elle a raison, mais la situation en Pologne n’est toujours pas favorable aux personnes queers. Selon une étude menée par l’université de Varsovie, 98 % des personnes LGBTQIA+ en Pologne ont été victimes d’une forme de microagression en 2019-2020 et 55 % des participant·es ont déclaré avoir parfois des pensées suicidaires. Enfin, près de 70 % des personnes LGBTQIA+ ont été victimes d’au moins un type de comportement violent en raison de leur orientation sexuelle ou de leur identité de genre.

La représentation des minorités, telles que la famille de Miłka et Ola, est extrêmement importante pour faire évoluer les mentalités. Elle montre à chaque enfant que son identité et sa famille peuvent exister dans les histoires, et qu’il ou elle n’est pas seul·e ou « anormal·e ». Ces représentations aident les enfants LGBTQIA+ à grandir en s’acceptant eux-mêmes et en gardant espoir, tout en enseignant à tous les autres enfants — et, espérons-le, à leurs parents — l’empathie et la compréhension de la différence.

Lorsque l’amour, la famille et l’identité apparaissent sous de nombreuses formes, cela réduit les préjugés, le harcèlement et la peur. C’est aussi un levier pour protéger la santé mentale des jeunes qui, sans cela, pourraient se sentir isolé·es. C’est pourquoi, chez Krytyka Polityczna, nous pensons qu’il est essentiel de garantir la diversité dans les titres que nous publions. Et, si nécessaire, de les faire passer clandestinement dans d’autres pays.

✍️Signer notre pétition pour une presse européenne libre
💶Donner à 444
👀Lire le témoignage de Gábor Kardos

Przemysław

Przemysław est journaliste vidéo chez Krytyka Polityczna, média partenaire de Sphera. Lors de son dernier voyage en Hongrie, il a décidé d’emporter avec lui le livre Kraina baśni jest dla wszystkich, car ce livre pour enfan est interdit à la vente dans le pays.

Le fiabe proibite

September 17, 2025

Varsavia, 10 settembre,

A giugno sono volato a Budapest per seguire il Pride, che era stato vietato. Allo stesso tempo, ho fatto il contrabbandiere.

Dal 2021 in Ungheria è in vigore una legge che vieta la vendita di libri su tematiche LGBTQIA+. Non possono essere venduti entro 200 metri da chiese, scuole e asili, il che in pratica rende impossibile venderli nelle città. Inoltre, devono essere avvolti in un involucro di plastica e contrassegnati con un logo “18+”, come un tempo si faceva in edicola con le riviste pornografiche.

Questo è uno dei motivi per cui il libro “Kraina baśni jest dla wszystkich” (traduzione del libro ungherese “Meseország mindenkié”, “C’è una Fabia anche per te”, in italiano, N.d.R.), pubblicato in Polonia da Krytyka Polityczna, è stato vietato in Ungheria. Nel libro si legge, tra le altre cose, la storia di un coniglio nato con tre orecchie che usa la sua diversità e unicità per salvare la foresta. Oppure la storia di Pollicina, che, sebbene sia minuscola, ha la straordinaria forza di affrontare la vita.

Così ho deciso di portarlo di nascosto. Ho tenuto il libro in fondo allo zaino, sotto la macchina fotografica e i cavi, come se fosse qualcosa di vergognoso o pericoloso. Ogni volta che passavo davanti ad agenti armatз o vedevo cani poliziotto che annusavano in giro, sentivo una piccola scarica di adrenalina, come se potessero in qualche modo percepire che stavo trasportando della letteratura “proibita”. Naturalmente, il vero rischio non era quello di finire in prigione, ma che il libro potesse essere confiscato, distrutto o non arrivare mai alle persone che ne avevano più bisogno.

All’aeroporto, i cani che cercavano merce illegale nei bagagli non l’hanno individuato e il libro ha visitato Budapest dal mio zaino. È stato il mio atto di contrabbando sovversivo per cinque giorni. Portarlo in giro a Budapest mi sembrava assurdo e serio allo stesso tempo: delle fiabe per bambinз trasformate in merce di contrabbando.

Quella settimana Budapest era piena di pattuglie della polizia, il pride vietato ha portato in città una sorveglianza extra e lз agenti fermavano le persone a caso. Nessunə dellз poliziottз che mi guardavano con sospetto perché ero un viaggiatore solitario con una borsa fotografica aveva idea che nascondessi un libro di fiabe illegale nel mio zaino.

Il libro ha raggiunto la sua destinazione: з nostrз amicз di 444, una delle ultime redazioni indipendenti in Ungheria e uno dei nostri partner nella rete Sphera, il cui futuro è incerto. In un recente articolo di In Vivo (troverai link per leggere la sua testimonianza alla fine del testo, N.d.R), Gábor Kardos, amministratore delegato di Magyar Jeti Zrt, la casa editrice di 444.hu, ha scritto delle minacce che i media indipendenti della regione stanno attualmente affrontando. Ti invito a sostenerli perché dobbiamo essere solidali con з nostrз amicз europeз (troverai i link per firmare la nostra petizione  e/o fare una donazione a 444 alla fine del testo, N.d.R).

Nel frattempo, in questo clima di restrizioni, il pride vietato di Budapest ha attirato grandi folle. È stato un importante segno di solidarietà europea. Purtroppo, una volta rientrato in Polonia, sono tornato alla realtà di un Paese in cui, sebbene sia possibile pubblicare un libro come “Kraina baśni jest dla wszystkich”, non esiste il matrimonio egualitario. Il governo liberale che ha sconfitto з populistз di destra nel 2023 non è in grado di raggiungere un accordo su questo tema.

Le famiglie arcobaleno in Polonia sono ancora invisibili agli occhi della legge, devono difendersi da sole. Quando, con la mia macchina fotografica, ho fatto visita a Miłka, che insieme alla sua compagna Ola sta crescendo due figli meravigliosi (e molto rumorosi), lei mi ha detto: “Noi lo diciamo sempre chiaramente: stiamo insieme. Abbiamo questo modello di famiglia e nessun altro. Può andarti bene o meno. Ma devi accettarlo perché per noi va bene così, è la nostra vita e non sono affari tuoi”.

Ha ragione, ma la situazione in Polonia non è ancora favorevole per le persone queer. Secondo una ricerca condotta dall’Università di Varsavia, il 98% delle persone LGBTQIA+ in Polonia ha subito una qualche forma di microaggressione tra il 2019 e il 2020. Il 55% deз partecipanti ha dichiarato di avere talvolta pensieri suicidi. Quasi il 70% delle persone LGBTQIA+ ha subito almeno un tipo di comportamento violento a causa del proprio orientamento sessuale o della propria identità di genere.

La rappresentazione delle minoranze, come la famiglia di Miłka e Ola, è estremamente importante per cambiare la mentalità. Mostra a ogni bambinə che la sua identità e la sua famiglia possono esistere nelle storie e che non sono solз o “sbagliatз”. La rappresentazione aiuta з bambinз LGBTQIA+ a crescere accettando sé stessз e la speranza, insegnando allo stesso tempo a tuttз lз altrз bambinз — e speriamo anche aз loro genitori — l’empatia e la comprensione delle differenze.

Quando l’amore, la famiglia e l’identità appaiono in molte forme, si riducono i pregiudizi, il bullismo e la paura. E questo aiuta anche a proteggere la salute mentale deз giovani che altrimenti potrebbero sentirsi isolatз. Ecco perché per noi di Krytyka Polityczna è essenziale garantire la diversità nei titoli che pubblichiamo. E, quando necessario, contrabbandarla in altri paesi…

✍️firmare la  petizione per la libertà di stampa in Europa

💶fare una donazione a 444

👀Leggere la testimonianza di Gábor Kardos

Przemysław

Przemysław è un videogiornalista di Krytyka Polityczna. Durante il suo ultimo viaggio in Ungheria ha deciso di portare con sé il libro “Kraina baśni jest dla wszystkich” (pubblicato da Krytyka Polityczna), anche se questo libro per bambinз è vietato nel paese.

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