Roisey, 1st April 2026,
We live in a large, beautiful house – what used to be called a mansion – with seven other people. There are three women and four men, all of whom are widowed. And we’re aged between 80 and 96.
Before this, we had never ever considered living in shared accommodation. We didn’t even know that ‘shared housing’ for older people existed.
But one day in the summer of 2020, whilst we were walking through the village of Roisey, we came across a poster. It announced the opening of Maison Marguerite (a shared living facility for independent elderly people, ed.), not far from our home.
The idea intrigued us. My wife, Michèle, said: Perhaps we could take a few days’ holiday. And so we spent a fortnight at Maison Marguerite to find out more about how it worked. By the end of our stay, we were very satisfied – it met all our needs – and so we decided to stay.
At the time, we didn’t really need to move. We were 88 and 90 then. I’m now 96 and my wife is 94. We have no trouble getting about. I’m lucky – I’m in good health, so I still drive. In fact, I think that if we hadn’t seen the poster, we would have stayed at home for a while longer.
But looking after our house and garden was starting to become a problem for us. Here, we’re free from those day-to-day hassles. And we feel safer in terms of our health. Firstly, because there are almost always people around here – as well as the residents, there are three people who take care of the housework, the shopping and the cooking. There are also two medical centres nearby. If anything goes wrong, which happens at our age, it’s more reassuring to be here than alone at home.
We moved into the house in August 2020. The hardest part about moving in wasn’t living with others, but the fact that we couldn’t fit everything we had in our old house – and which we were very attached to – into our room (each resident has a room measuring between 21 and 33 square metres, ed.). It saddened me, for example, not to be able to take all my books with me. But now I spend a lot of time in the library, which is one of the shared spaces in the house, along with the living room and the dining room.
Six years ago, when Michèle and I arrived, there was only one other couple already living in the house. We got on well straight away and immediately felt at home.
We like the fact that, unlike what often happens in care homes, we remain very free and independent. We live in a community, but we have no trouble maintaining our privacy and keeping our independence. In the neighbouring village, there’s a care home which accommodates far more people: around 70 residents. I imagine the atmosphere is very different, more clinical and, above all, much less free. That wouldn’t suit us.
Sometimes I feel as though I’m living in a holiday resort. There are only nine of us, so there’s a real family atmosphere. Even though we all have different educational and cultural backgrounds, life experiences, and varying levels of health, relationships naturally form. We spend time together every day over shared meals or during activities we all take part in together. Strength training and cardiac coherence classes are held every week; trips to the cinema, the theatre or choir rehearsals take place once a month; and there are regular readings organised by a local village association. Those who enjoy games also spend their afternoons playing Scrabble or Coinche, not to mention walks in the one-hectare park, the vegetable garden, the henhouse and the pétanque court in the shade of the hundred-year-old lime trees.
We also get to enjoy everything the surrounding area has to offer: nature, cultural attractions and public spaces. The house is starting to become known in the local area. We’re well integrated into the local community. Thanks to this house, we enjoy a very supportive social environment, with friendships that have been built up over the years.
Living here makes things easier and more enjoyable. Since we moved in, I’ve thrown myself back into my historical studies. In six years, I’ve written two books and three essays. I’m sure I wouldn’t have been able to do that if I’d stayed in my old house. Looking back, we were very lucky to come across that poster in 2020.
Serge
Roisey, le 1er avril 2026,
Nous habitons une grande et belle maison – ce qu’on appelait dans le temps une maison de maître – avec sept autres personnes. Il y a trois femmes et quatre hommes, tous et toutes veufs ou veuves. Et nous avons entre 80 et 96 ans.
Auparavant, jamais au cours de notre vie nous n’avions envisagé de vivre en colocation. Un “habitat partagé” pour personnes âgées, nous ne savions même pas que ça existait.
Mais un jour, à l’été 2020, alors que nous nous promenions dans le village de Roisey, nous sommes tombés sur une affiche. Elle mentionnait l’inauguration de la maison Marguerite (un habitat partagé pour personnes âgées non dépendantes, ndlr.), non loin de chez nous.
L’idée nous a intrigué·es. Mon épouse, Michèle, a dit : “Nous pourrions peut-être prendre quelques jours de vacances” Et nous sommes venus passer quinze jours dans cette maison Marguerite, pour mieux connaître son fonctionnement. À la fin de notre séjour, nous étions très satisfaits – cela répondait à tous nos besoins – et nous sommes donc resté·es.
À l’époque, nous n’avions pas de réelle nécessité de déménager. Nous avions alors nous avions 88 et 90 ans. Aujourd’hui, j’ai 96 ans et ma femme en a 94. Nous n’avons pas trop de problèmes pour nous déplacer. J’ai de la chance, je suis en bonne santé, donc je conduis toujours. D’ailleurs, je pense que, si nous n’avions pas vu l’affiche, nous serions resté·es chez nous encore quelque temps.
Mais l’entretien de notre maison et de notre jardin commençait à nous poser problème. Ici, nous sommes débarrassés de ces contraintes de tous les jours. Et puis on se sent plus en sécurité sur le plan de la santé. D’abord parce qu’il y a presque tout le temps du monde dans cette maison – en plus des résidents et résidentes, il y a trois personnes qui gèrent l’entretien de la maison, les courses et la préparation des repas. Il y a également deux maisons de santé non loin d’ici. En cas de souci, ce qui arrive à nos âges, c’est plus rassurant d’être là que seul·e chez soi.
Nous avons emménagé dans la maison en août 2020. Le plus difficile en venant habiter ici, ça n’a pas été la cohabitation, mais le fait de ne pas pouvoir faire entrer dans notre chambre tout ce que nous avions dans notre ancienne maison et auquel nous tenions (chaque résident·e a une chambre de 21 à 33 mètres carrés, ndlr.). Ça m’a peiné, par exemple, de ne pas pouvoir emporter tous mes livres. Mais désormais j’utilise beaucoup la bibliothèque, l’un des espaces partagés de la maison en plus du salon et de la salle à manger.
Il y a six ans, lorsque Michèle et moi sommes arrivé·es, il y avait un autre couple qui habitait déjà la maison. Nous nous sommes tout de suite bien entendu·es et tout de suite senti·es à l’aise ici.
Ce qui nous plaît, c’est que, contrairement à ce qui se passe souvent en maison de retraite, nous restons très libres et autonomes. On vit en collectivité, mais on n’a aucun problème à préserver son intimité et à garder son indépendance. Dans le village voisin, il y a une résidence pour personnes âgées. Elle accueille beaucoup plus de monde : 70 personnes environ. Je suppose que l’atmosphère est très différente, plus médicalisée et surtout beaucoup moins libre. Ce modèle ne nous conviendrait pas.
Parfois, j’ai l’impression de vivre dans un village vacances. Nous ne sommes que neuf, alors il y a une ambiance familiale. Bien que tout le monde soit d’instruction, de culture, d’éducation, d’un vécu différent et avec des états de santé variables, les relations se font naturellement. On se côtoie tous les jours lors des repas partagés ou des activités auxquelles on participe tous et toutes ensemble. Des cours de renforcement musculaire et de cohérence cardiaque ont lieu toutes les semaines ; des sorties au cinéma, au théâtre ou à la chorale, une fois par mois ; et régulièrement des écoutes de lectures faites par une association du village. Les adeptes de jeux passent aussi des après-midi à jouer au scrabble ou à la coinche, sans oublier les promenades dans le parc d’un hectare, le potager, le poulailler et le terrain de pétanque à l’ombre des tilleuls centenaires.
On bénéficie également de tout ce qu’il y a alentour : la nature et des lieux culturels et publics. La maison commence à être connue à l’extérieur. On est bien intégré·es dans le milieu local. Grâce à cette maison, on bénéficie d’un environnement social très favorable avec des relations amicales qu’on noue pendant des années.
Vivre ici, ça facilite les choses et ça les rend agréables. Depuis que nous avons emménagé, je me suis replongé dans des études historiques. En six ans, j’ai écrit deux livres et trois essais. Je suis sûr que je n’aurais pas pu le faire si j’étais resté dans ma précédente maison. Quand j’y repense, nous avons eu beaucoup de chance de tomber sur cette affiche en 2020.
Serge
Roisey, 1° aprile 2026,
Viviamo in una casa grande e bella – quella che un tempo si chiamava una “casa padronale” – insieme ad altre sette persone. Sono tre donne e quattro uomini, tutti vedovi o vedove. E abbiamo tra gli 80 e i 96 anni.
Prima d’ora, in tutta la nostra vita, non avevamo mai pensato di vivere da coinquilinз. Una “casa condivisa” per anzianз non sapevamo nemmeno che potesse esistere.
Un giorno, nell’estate del 2020, mentre passeggiavamo nel villaggio di Roisey, ci siamo imbattutз in un manifesto. Annunciava l’inaugurazione della Maison Marguerite (un alloggio condiviso per anzianз non non autosufficienti, ndr), non lontano da casa nostra.
L’idea ci ha incuriositз. Mia moglie, Michèle, ha detto: “Forse potremmo prenderci qualche giorno di vacanza” e così siamo venutз a trascorrere quindici giorni in questa Maison Marguerite, per capire meglio come funzionasse. Alla fine del nostro soggiorno, eravamo molto felici – rispondeva a tutte le nostre esigenze – e quindi abbiamo deciso di rimanere.
All’epoca non avevamo una reale necessità di trasferirci. Allora avevamo 88 e 90 anni, ora io ho 96 anni e mia moglie ne ha 94. Non abbiamo problemi a spostarci. Sono fortunato, sono in buona salute, quindi guido ancora. Del resto, penso che, se non avessimo visto quel manifesto, saremmo rimastз a casa nostra ancora per un po’.
Ma la manutenzione della nostra casa e del nostro giardino cominciava a darci dei problemi. Qui invece siamo liberз da questi impegni quotidiani. E poi ci sentiamo più sicurз dal punto di vista della salute. Innanzitutto, perché in questa casa c’è quasi sempre qualcunə – oltre a chi ci vive, ci sono tre persone che si occupano della pulizia della casa, della spesa e della preparazione dei pasti. Non lontano da qui ci sono anche due centri di assistenza medica. In caso di problemi, cosa che può capitare alla nostra età, è più rassicurante essere qui piuttosto che da solз a casa propria.
Abbiamo traslocato nell’agosto 2020. La cosa più difficile quando siamo venutз a vivere qui non è stata la convivenza, ma il fatto di non poter portare nella nostra camera tutto ciò che avevamo nella nostra vecchia casa e le cose a cui tenevamo (ogni residente ha una camera da 21 a 33 metri quadrati, ndr.). Mi ha rattristato, per esempio, non poter portare via tutti i miei libri. Ma ora uso molto la biblioteca, uno degli spazi comuni della casa oltre al salotto e alla sala da pranzo.
Sei anni fa, quando Michèle ed io siamo arrivatз, c’era solo un’altra coppia che abitava già nella casa. Ci siamo subito trovatз bene e a nostro agio qui.
Ciò che ci piace è che, contrariamente a quanto spesso accade nelle case di riposo, abbiamo molta libertà e autonomia. Viviamo in comunità, ma non abbiamo alcun problema a preservare la nostra intimità e a mantenere la nostra indipendenza. Nel villaggio vicino c’è una residenza per anzianз. Ospita molte più persone, circa 70. Immagino che l’atmosfera sia molto diversa, più medicalizzata e soprattutto molto meno libera. Questo modello non ci andrebbe bene.
A volte ho l’impressione di vivere in un villaggio vacanze. Siamo solo in nove, quindi c’è un’atmosfera familiare. Anche se ognunə ha un’istruzione, una cultura, un’educazione e un’esperienza di vita diverse, e condizioni di salute variabili, i rapporti si instaurano naturalmente.
Ci incontriamo ogni giorno durante i pasti nell’area comune o le attività a cui partecipiamo collettivamente. Ogni settimana si tengono corsi di potenziamento muscolare e di coordinazione cardiaca; una volta al mese si organizzano uscite al cinema, a teatro o al coro; e regolarmente si ascoltano letture organizzate da un’associazione del paese. Chi è appassionatз di giochi trascorre anche i pomeriggi giocando a Scarabeo o a Coinche, senza dimenticare le passeggiate nel parco, che è grande un ettaro, nell’orto, nel pollaio e nel campo da bocce all’ombra dei tigli secolari.
Approfittiamo di tutto ciò che c’è nei dintorni: il parco e gli spazi pubblici e culturali. La casa comincia a farsi conoscere all’esterno. Siamo ben integratз nella comunità locale. Grazie a questa residenza, abbiamo trovato un ambiente sociale molto favorevole, nel corso degli anni si instaurano relazioni amichevoli.
Vivere qui facilita le cose e le rende piacevoli. Da quando ci siamo trasferiti, mi sono rimesso a studiare storia. In sei anni ho scritto due libri e tre saggi. Sono sicuro che non ci sarei riuscito se fossi rimasto nella mia casa precedente. Ripensandoci, è stata una bella fortuna imbattersi in quel manifesto nel 2020.
Serge.