N°69 — A town on the brink

March 14, 2026

Niscemi, 4th March 2026, 

I was comfortably chilling on my sofa—for me, Sunday mornings are for relaxing—when suddenly, I started receiving messages from my partner and friends. Then the first videos came through. They showed a whole section of Niscemi, my town, which is built on a hill, completely collapsed. Some houses had fallen into a precipice which was 50 metres deep in places.

A friend of mine lives along one of the streets that was torn down the middle. As luck would have it, he was at his parents’ house for lunch at that moment. We were fortunate that the landslide occurred at lunchtime on a Sunday. So, there were very few people in the most affected area when it happened, otherwise that neighbourhood is usually very busy.

There was another landslide previously in 1997. In fact, we used to joke among friends, that, “Sooner or later, we’ll all end up living in Gela! ” Which is a town by the sea, at the bottom of our hill, 20 minutes from here. But you know, it was the kind of running joke you have with friends, no one imagined that something like this could actually happen.

It was a beautiful day that Sunday when the hill collapsed. It had rained constantly, day and night, for the entire month previously, around Christmas time. We’re not used to seeing so much rain in this part of Sicily! Then there was storm Harry which also played a part. Of course, that wasn’t the only cause of the landslide. It was a combination of factors that had gradually built up, including thirty years of neglect of the old sewage system and the fact that only part of the funds for securing the 1997 landslide ever materialized and that was in December 2025, almost 30 years later.

In the days that followed, it was total chaos. We met every day to clear out the houses we managed to get into, because we didn’t know if the landslide would continue to advance or not. On the first day, everyone living within a 50-metre radius was evacuated; then two days later, the safety perimeter was extended to 100 metres; and on the third day, another 50 metres. It was a week marked by fear, fear that the dividing line would extended further and further every day.

The people whose homes had collapsed, had to leave everything behind. They left that Sunday with only the clothes they were wearing and never returned.

One of my colleagues lived in the black zone, 20 metres from the precipice. When we went in to retrieve the most important things, we could see the void beneath our feet from the balcony. We took some clothes, valuables, a few letters, small electrical appliances… we filled our cars as much as possible.

For several days, I worked as a mover. I felt like one of the evacuees myself. In the evening, I would return home feeling tense. ‘What should I do?’ I would ask myself. It was terrible to be there with friends who had lost everything.

My bar is located within the security perimeter, along with 16 other businesses in the city. Since the 25th January, we have been experiencing a kind of collective mourning. We are all living in limbo, just waiting for news every day.

At first, we felt very despondent because we knew that nothing would ever be the same again. A whole section of the historic centre will disappear because the houses within 50 metres of the precipice will be demolished. You can imagine that after living in a city for 35 years, seeing it like this is a shock.

In the centre of Niscemi, there had been a wonderful dynamic thanks to a generation of young people, between the ages of 25 and 35, who had decided to stay and invest in the town. I made the same decision, after living and working abroad —in Ireland, Spain, Belgium and Portugal. I returned to build something from scratch.

Now we just have to wait. The problem is that we don’t know for how long, and it’s exhausting us. For some of us, good news arrived in the last few days: 12 of the 17 businesses that had closed —including mine— will be able to reopen. But we don’t know if the funds needed to rebuild homes or restart businesses will ever arrive.

You can imagine how stressful all this can be. In the early days, it felt as if time had stopped, as if nothing could ever return to normal. And yet, it is precisely this normality that we must seek to regain as quickly as possible.

Massimiliano 

N°69 — La ville au bord du précipice

March 14, 2026

En Italie, presque 94% des communes sont exposées à des risques de glissement de terrain, d’inondations ou d’érosion côtière. On appelle ce phénomène « instabilité hydrogéologique ». Et dans les journaux, on en parle seulement lorsque surviennent des événements catastrophiques comme dans la ville sicilienne de Niscemi le 25 janvier dernier. Ce  jour-là, une partie de la ville s’est effondrée, emportée par un glissement de terrain s’étendant sur quatre kilomètres. Environ 1 500 personnes ont été évacuées, et toute la zone située à moins de 150 mètres du glissement déclarée inaccessible. Il y a quatre ans, Massimiliano a ouvert un bar à Niscemi, situé précisemment dans cette zone.

Niscemi, le 4 mars 2026,

J’étais confortablement installé sur mon canapé. Pour moi, le dimanche matin, c’est repos ! Tout d’un coup, j’ai commencé à recevoir des messages de ma compagne, de mes ami·es. Puis sont arrivées les premières vidéos. On y voyait toute une partie de Niscemi, ma ville, construite sur une colline, écroulée. Certaines maisons étaient tombées dans un précipice, qui par endroit s’arrêtait 50 mètres plus bas.

Un de mes amis habite dans une des rues qui s’est ouverte en deux. Le hasard a voulu qu’à ce moment précis, il soit chez ses parents. La chance de Niscemi, c’est que le glissement de terrain a eu lieu à l’heure du déjeuner dominical. Dans la zone la plus touchée, il y avait alors peu de monde. Le reste du temps, ce quartier est très fréquenté.

Il y a déjà eu un glissement de terrain, ici, en 1997. D’ailleurs, pour rigoler entre ami·es, on se disait : « Tôt ou tard, on ira toustes vivre à Gela ! » C’est une ville au bord de la mer, en bas de notre colline, à 20 minutes d’ici. Mais tu sais, c’était le genre de blagues que tu fais entre copain·es. Personne n’imaginait qu’une telle chose puisse arriver.

Il faisait beau le dimanche où la colline s’est écroulée. Tout le mois précédent, vers Noël, il n’avait fait que pleuvoir, de jour comme de nuit. On n’est pas habitué·es à voir tomber autant de pluie dans cette partie de la Sicile ! Puis la tempête Harry a elle aussi apporté sa contribution. Bien sûr, ce n’est pas seulement ça qui a causé le glissement de terrain. C’est une somme de facteurs qui se sont accumulés petit à petit, comme les trente années de négligence de l’ancien réseau d’évacuation des eaux usagées ou le fait que seule une partie des fonds pour la mise en sécurité du glissement de terrain de 1997 est arrivée et qu’elle est arrivée en décembre 2025, soit presque 30 ans plus tard.

Dans les jours qui ont suivi, c’était le chaos total. On se retrouvait tous les jours pour vider les maisons dans lesquelles on réussissait à entrer, car on ne savait pas si le glissement de terrain allait continuer à avancer. Le premier jour, toutes les personnes qui habitaient dans un rayon de 50 mètres ont été évacuées ; puis deux jours plus tard, le périmètre de sécurité a été étendu à 100 mètres ; et le troisième jour, à 50 mètres supplémentaires. Ce fut une semaine marquée par la peur, par la crainte que la ligne de démarcation ne s’éloigne chaque jour davantage.

Certaines personnes, celles dont la maison s’est effondrée, ont tout laissé à l’intérieur. Elles sont sorties avec les vêtements qu’elles portaient le dimanche et ne sont jamais revenues.

Un de mes collègues habitait dans la zone noire, à 20 mètres du précipice. Lorsque nous sommes entrés pour récupérer les choses les plus importantes, nous voyions le vide sous nos pieds depuis le balcon. Nous avons pris quelques vêtements, des objets de valeur, quelques lettres, des petits appareils électroménagers… nous avons rempli tout ‘espace disponible des voitures.

Pendant plusieurs jours, j’ai fait le déménageur. Je me sentais, moi aussi, comme un·e des évacué·es. Le soir, je rentrais chez moi tendu. « Que dois-je faire ? », je me demandais. C’était terrible d’être là avec des ami·es qui ont tout perdu.

Mon bar se trouve dans le périmètre de sécurité, comme 16 autres commerces de la ville. Depuis le 25 janvier, on vit une sorte de deuil collectif. On vit toustes en suspension, attendant chaque jour qu’une nouvelle tombe.

Au début, on a ressenti beaucoup de découragement, car on savait que rien ne serait plus comme avant. Toute une partie du centre historique va disparaitre, car les maisons qui se trouvent dans les 50 mètres autour du précipice seront démolies. Tu te doutes bien qu’après avoir vécu 35 ans dans une ville, la voir ainsi est un choc.

Dans le centre de Niscemi, une belle dynamique s’était créée grâce à une nouvelle génération de jeunes entre 25 et 35 qui avait décidé d’investir sur la ville, de rester. J’avais fait ce choix, moi aussi, après avoir vécu et travaillé à l’étranger — en Irlande, en Espagne, en Belgique, au Portugal. Rentrer pour construire quelque chose en partant de zéro.

Attendre. Maintenant, il nous faut attendre. Le problème, c’est que nous ne savons pas combien de temps, et ça nous épuise. Pour certain·es d’entre nous, la bonne nouvelle est arrivée ces derniers jours : 12 des 17 commerces qui avaient fermé — dont le mien — vont pouvoir rouvrir. Mais pour celleux qui ont subi des dommages structurels, nous ne savons pas si les fonds nécessaires à la reconstruction des maisons ou à la relance des activités arriveront un jour.

Tu t‘imagines bien le stress que tout ça peut provoquer. Dans les premiers jours, on aurait dit que le temps s’était arrêté, comme si rien ne pouvait retourner à a normalité. Et pourtant, c’est précisément cette normalité que nous devons chercher de retrouver au plus vite.

Massimiliano 

N°69 — Sul ciglio del burrone

March 14, 2026

In Italia quasi il 94% dei comuni a rischio frane, alluvioni ed erosione costiera. Si chiama dissesto idrogeologico, e spesso ricompare sulle pagine dei giornali solo quando si verificano eventi catastrofici come quello che ha colpito la cittadina siciliana di Niscemi il 25 gennaio. Dopo settimane di piogge, parte del paese è collassato per l’apertura di una frana lunga 4 chilometri. Oltre 1.500 persone sono state evacuate, e tutta l’area entro 150 metri dal fronte franoso è stata resa inagibile, comprese 17 attività commerciali. Una di queste è il lounge bar di Massimiliano, ritornato a vivere a Niscemi 4 anni fa, dopo anni di lavoro passati all’estero.

Niscemi, 4 marzo 2026,

Ero tranquillo a casa sul divano. Del resto, per me, la domenica mattina è giorno di riposo. A un certo punto ho iniziato a ricevere telefonate dalla mia ragazza, daз miз amicз. Poi i primi video. Mostravano che un’intera parte del mio paese, che è costruito su una collina, era franata. Si vedeva un crepaccio in cui erano crollate diverse case. In alcuni punti sarà stato alto cinquanta metri.

Un amico mio abitava proprio in una delle strade che si sono aperte a metà. Il caso vuole che fosse a pranzo daз genitori. La fortuna di Niscemi è stata che la frana è avvenuta intorno all’orario di pranzo di domenica, e nella zona più colpita in quel momento non c’erano molte persone. Solitamente è molto frequentata, ma soprattutto il sabato.

Qua al paese c’era già stata una frana, nel 1997. Infatti, scherzando tra lз amicз, si diceva “Prima o poi finiamo tuttз a Gela”, che è un paese sul mare, sotto la nostra collina, a 20 minuti da qui. Ma sai quando lo dici per fare quelle battute goliardiche? Nessunə immaginava che sarebbe potuto succedere qualcosa del genere.

Faceva bello la domenica in cui la città è franata. In tutto il mese precedente, nel periodo di Natale, ha piovuto sempre, giorno e notte. Onestamente in questa parte di Sicilia non siamo abituatз a vedere tutta quest’acqua. Poi è arrivato il ciclone Harry e ha dato il suo contributo. Non è stato lui l’unica causa, ma una somma di tanti fattori, che si sono accavallati piano piano. Trent’anni di noncuranza della vecchia rete di scarico delle acque, che per anni sono filtrate nel terreno. O il fatto che i fondi per la messa in sicurezza della frana del 1997 siano arrivati solo nel dicembre 2025 – e comunque solo in piccola parte.

I primi giorni sono stati il caos totale. Ci trovavamo tutti ogni giorno per andare a svuotare le case in cui si riusciva a entrare, perché non sapevamo se la frana avrebbe continuato ad avanzare. Il primo giorno è stata sfollata tutta la gente che abitava entro i primi 50 metri, dopo due giorni hanno aumentato il perimetro di sicurezza a 100 metri e il terzo di altri 50 metri. È stata una settimana di paura, nel timore che ogni giorno la linea di confine potesse aumentare.

Ci sono persone, quelle a cui è crollata la casa, che hanno dovuto lasciare tutto là dentro, sono uscite coi vestiti che avevano addosso la domenica e non sono mai più rientrate.

Un mio collega abitava nella zona nera, a 20 metri dallo strapiombo**. Quando siamo entrati per recuperare le cose più importanti, dal balcone vedevamo il vuoto sotto di noi.** Abbiamo preso un po’ di vestiti, oggetti di valore, qualche lettera, qualche piccolo elettrodomestico… abbiamo riempito le macchine occupando tutti gli spazi che avevamo.

Per qualche giorno ho fatto praticamente il traslocatore, mi sentivo anche io sfollato. La sera arrivavo a casa ed ero in tensione. “Ma che devo fare?” mi chiedevo. È stato terribile star lì con deз amicз che hanno perso tutto.

Il mio lounge bar si trova nella zona di sicurezza, come altre 16 attività commerciali della città. Dal 25 gennaio abbiamo iniziato a vivere in una sorta di lutto collettivo. Come se tutto fosse sospeso, aspettiamo ogni giorno che arrivi una nuova notizia.

All’inizio ci siamo sentitз molto scoraggiatз, perché sapevamo che nulla sarebbe più stato come prima. Un’intera parte del centro storico scomparirà, perché le case che si trovano nel raggio di 50 metri dal precipizio saranno abbattute. Puoi immaginare cosa questo voglia dire dopo aver visto per 35 anni la tua città in una certa maniera.

Nel centro di Niscemi si era creata anche una bella dinamica grazie a una nuova generazione di giovanз tra i 25 e i 35 anni che aveva deciso di investire nella città, di restare. Anch’io avevo fatto questa scelta, dopo aver vissuto e lavorato all’estero, in Irlanda, Spagna, Belgio e Portogallo. Tornare per costruire qualcosa partendo da zero.

Aspettare. Ora dobbiamo aspettare. Il problema è che non sappiamo per quanto tempo, e questo ci sta logorando. Per alcuni di noi, la buona notizia è arrivata negli ultimi giorni: 12 dei 17 negozi che avevano chiuso, compreso il mio, potranno riaprire. Ma per coloro che hanno subito danni strutturali, non sappiamo se i fondi necessari per ricostruire le case o rilanciare le attività arriveranno mai.

Puoi immaginare lo stress che tutto questo può causare. Nei primi giorni sembrava che il tempo si fosse fermato, come se nulla potesse tornare alla normalità. Eppure è proprio questa normalità che dobbiamo cercare di ritrovare il più rapidamente possibile.

Massimiliano

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