Lousada, 21st January 2026,
Trees play an essential role in my life, especially giant trees. They influence my work as a biologist but also the way I see things and the way I speak. They guide my travels: I travel around by car with my dog to observe them. It’s a kind of hobby, or perhaps an obsession, that I try to propagate around me.
I began recording the ‘gigantes verdes’ (green giants) in the region of Lousada, in northern Portugal. ‘Green giants’ are trees with a circumference of at least one and a half metres at chest height, approximately 1.3 metres high. So that’s trees which an adult wouldn’t be able to wrap their arms around!
Trees are often only valued in terms of how much wood they represent. And yet they have so much more to offer: oxygen, shade, cooling, tranquillity, a habitat for wildlife and carbon capture. However, in Portugal, very little importance is given to trees when they’re alive, and even less when they’re dead. Portugal is second to bottom, in terms of the amount of dead wood available in its forests, in Europe. Which is a real problem, because 70% of the species living in this environment depend on dead wood for their survival!
Nowadays, lots of companies and individuals are worried about their carbon footprint and are focused on the idea of offsetting it. The problem is that most offsetting projects boil down to planting, planting, planting… But the majority of trees planted don’t make it past the age of ten or will only make a real difference in 40, 50 or 60 years. And we don’t have that much time to find a solution.
Green giants, meanwhile, hold 78 times more carbon in their wood than a ten-year-old tree. Each year, the amount of carbon absorbed by a green giant tree is equivalent to the total amount absorbed by a tree in the first fifteen years of its life. For the good of our society, it is therefore preferential to focus on preserving these giants to planting new ones.
Here in Lousada, we’ve recorded around 7,500 green giants. But the figure varies. During the pandemic, I began analysing our data to understand what was happening and found that these trees were disappearing at a rate of 2% per year.
For the landowners, it’s more financially advantageous cut down their trees. The price per square metre is higher when it can be used to build a house or grow crops than if it’s forest land.
Everyone benefits from the green giant forests, the problem is that it’s left down to individuals to look after them. Landowners are required to keep them clean, prevent fires, and let us walk on their land for free, without getting anything in return. At Verde (the organisation João created, editor’s note), we decided to work with these owners. We offer them 10-year contracts, during this period, they can’t cut down green giant trees, and we pay them or help them to preserve the forest.
Money is a universal language. When we don’t speak the same language, we can’t engage in conversation and change things. If we can make preserving trees profitable, then we can begin to build a relationship, which may lead our interlocutor to understand the usefulness of trees and their preservation. In this sense, what we are doing is a form of resistance.
João
Lousada, le 21 janvier 2026,
Les arbres jouent un rôle essentiel dans ma vie, surtout les arbres géants. Ils ont une influence sur mon travail — je suis biologiste, mais aussi sur la façon dont je vois les choses, dont je parle. Ils guident mes voyages : je me déplace partout avec ma voiture et mon chien pour les observer. C’est une sorte de hobby ou bien une maladie, que j’essaie de propager autour de moi.
Pour la municipalité de Lousada, dans le Nord du Portugal, j’ai commencé à cartographier les « gigantes verdes ». Ces « géants verts » sont des arbres qui ont un périmètre d’au moins un mètre et demi à hauteur de poitrine, soit environ 1,3 mètre de hauteur. C’est-à-dire qu’un adulte qui tenterait d’en enlacer un ne parviendrait pas à en faire le tour avec ses bras !
Souvent, les arbres n’ont de valeur aux yeux des gens que pour le bois qu’on peut en extraire. Un arbre a bien plus à nous offrir : de l’oxygène, de l’ombre, de la fraicheur, du calme, un habitat pour la faune et moins de carbone dans l’atmosphère. Mais au Portugal, on accorde peu d’importance aux arbres lorsqu’ils sont vivants et on s’en fout complètement lorsqu’ils sont morts. Le Portugal est d’ailleurs le deuxième pays en Europe avec le moins de bois mort disponible dans nos forêts. C’est un réel problème puisque la survie de 70% des espèces de ce milieu dépend du bois mort !
Aujourd’hui, de nombreuses entreprises et personnes s’inquiètent de leur empreinte carbone et se réjouissent à l’idée de pouvoir la compenser. Le problème est que la plupart des projets de compensation se résument à planter, planter, planter… Or, la majorité des arbres plantés ne passeront pas les dix ans d’âge ou ne feront une vraie différence que dans 40, 50 ou 60 ans. Nous n’avons pas autant de temps devant nous pour trouver une solution.
Les géants, eux, renferment dans leur bois 78 fois plus de carbone qu’un arbre de dix ans. Chaque année, la quantité de carbone qu’absorbe un géant vert est l’équivalent de la quantité qu’absorbe un arbre lors des quinze premières années de sa vie. Pour le bien de notre société, il est donc plus intéressant de se concentrer sur la préservation de ces géants que d’en planter de nouveaux.
Ici, à Lousada, nous avons répertorié environ 7500 géants verts. Mais ce chiffre varie. Pendant la pandémie, j’ai commencé à analyser des données pour comprendre ce qui se passait et j’en ai déduit que 2% de ces arbres disparaissaient chaque année.
Pour les propriétaires terriens, il est plus intéressant financièrement d’exploiter cette ressource. Leurs terres ont davantage de valeur lorsque ces arbres ne sont plus là. Le prix au mètre carré de leur parcelle est plus élevé quand on peut construire une maison ou cultiver que s’il s’agit d’un terrain forestier.
Tout le monde bénéficie des forêts de géants verts, mais on demande à des individus seuls de s’en occuper. On exige des propriétaires qu’iels nettoient la forêt, empêchent les feux, nous laissent nous promener gratuitement sur leur terrain, sans qu’iels n’en retirent rien. Avec Verde (l’organisation que Joao a créée, ndlr.), nous avons décidé de travailler avec ces propriétaires. Nous leur proposons des contrats de 10 ans. Durant cette période, iels ne peuvent pas couper de géants verts et nous les payons ou les aidons à préserver ces forêts.
L’argent est un langage universel. Quand on ne parle pas le même langage, on ne peut pas engager la conversation et changer les choses. Si on peut dire que préserver les arbres rapporte, alors on commence à construire une relation, qui amènera peut-être notre interlocuteur ou interlocutrice à comprendre l’utilité des arbres et de leur préservation. En ce sens, ce que nous faisons est une forme de résistance.
João.
Lousada, 21 gennaio 2026,
Gli alberi hanno un ruolo fondamentale nella mia vita, soprattutto quelli giganti. Fanno parte del mio lavoro – sono un biologo – ma anche del mio modo di vedere le cose e di pensare. Plasmano i miei viaggi: li raggiungo ovunque con la mia macchina e il mio cane per osservarli. È una sorta di hobby, forse un’ossessione, che cerco di diffondere intorno a me.
Per il comune di Lousada, nel nord del Portogallo, ho iniziato a mappare i «gigantes verdes», piante che hanno un perimetro di almeno un metro e mezzo all’altezza del petto, ovvero a circa 1,3 metri da terra. Praticamente, sono tutti quegli alberi che unə adultə non riuscirebbe ad abbracciare per intero.
Spesso le piante hanno valore agli occhi delle persone solo per il legno che se ne può ricavare. Ma un albero ha molto di più da offrirci: ossigeno, ombra, frescura, calma, un habitat per la fauna e meno carbonio nell’atmosfera. In Portogallo si dà poca importanza agli alberi quando sono vivi, figuriamoci quando sono morti. Il Portogallo è il secondo paese in Europa con meno legno morto disponibile nelle nostre foreste, e questo è un vero problema, visto che la sopravvivenza del 70% delle specie di questo ambiente dipende dal legno in decomposizione!
Oggi, molte aziende e persone sono preoccupate per la loro impronta di carbonio e sono felici all’idea di poterla compensare. Il problema è che la maggior parte dei progetti di compensazione si riduce a piantare, piantare, piantare… Ma la maggior parte degli alberi piantati rischia di non superare i dieci anni di età, o comunque farà davvero la differenza solo tra 40, 50 o 60 anni. Non abbiamo così tanto tempo a disposizione per trovare una soluzione.
I “giganti verdi”, invece, contengono nel loro legno 78 volte più carbonio di un albero di dieci anni d’età. Ogni anno, la quantità di carbonio assorbita da un gigante verde è pari alla quantità assorbita da un albero nei primi quindici anni di vita. Per il bene della nostra società, è quindi più interessante concentrarsi sulla conservazione di questi esemplari piuttosto che piantarne di nuovi.
Qui a Lousada abbiamo censito circa 7500 giganti verdi. Ma questa cifra varia. Durante la pandemia ho iniziato ad analizzare i dati per capire cosa stesse succedendo e ho dedotto che il 2% di queste piante scompare ogni anno.
Per з proprietarз terrierз è più interessante dal punto di vista finanziario sfruttare questa risorsa. I loro terreni hanno più valore quando questi alberi non ci sono più. Il prezzo al metro quadro del loro appezzamento è più alto quando si può costruire una casa o coltivare rispetto a un terreno boschivo.
Tuttз beneficiano delle foreste di giganti verdi, ma spesso si chiede aз singoli individui di prendersene cura. Si esige daз proprietarз che curino la pulizia della foresta, prevengano gli incendi, ci lascino passeggiare gratuitamente sui loro terreni, senza ricavarne nulla. Con Verde (l’organizzazione creata da João, ndr), abbiamo deciso di lavorare con queste persone. Proponiamo loro contratti decennali: durante questo periodo, non possono abbattere i giganti verdi. Noi lз paghiamo per questo e lз aiutiamo a preservare queste foreste.
Il denaro è un linguaggio universale. Quando non si parla la stessa lingua, non è possibile avviare una conversazione e cambiare le cose. Se possiamo dire che preservare gli alberi è redditizio, allora iniziamo a costruire una relazione che forse porterà lə nostrə interlocutore a comprendere l’utilità degli alberi e della loro conservazione. In questo senso, ciò che facciamo è una forma di resistenza.
João