N°60 – Exiled journalist: Truth and Dare

October 29, 2025

Vilnius, 22nd October 2025,

My name is Aliaksandr Yaroshevich. I’m an investigative journalist currently living in Vilnius. I moved here four years ago because working as a journalist in my home country, Belarus, became impossible. I was forced to choose between prison and freedom. So, I decided to choose freedom and to continue working.

I made that decision four years ago now, it was the start of summer. The country’s major newspapers had already been shut down (at the time, the highly popular news platform TUT.BY and the website of one of the country’s oldest newspapers, Nasha Niva, had been blocked, ed.), and they were starting to target other media outlets of all kinds.

Since the winter of 2020-2021, I had been living in a constant state of stress, fearing every day, that they would come and take me away. I would wake up in the morning and look at the clock, thinking, “Ok, it’s already eight o’clock, they usually come early in the morning, so it’s not today, thank God. I probably won’t be detained today”.

There was a time when I lived in a colleague’s country house with my phone turned off. I even removed the battery so that they couldn’t track my movements, because we had been told we were being targeted.

Then the police came to our studio while we were filming our programme and arrested the technicians and cameramen. After that, we kept a low profile.

So by the summer of 2021, I desperately needed to distract myself somehow. We decided to go on holiday to Ukraine. We went to Odessa at the beginning of July, to the sea, with a rucksack filled with beach stuff, flippers and so on. But all we did on the beach was check our newsfeeds to see which of our colleagues had been arrested. There was a new wave of repression underway in Belarus. In the end, it wasn’t much of a holiday, more like a nightmare. We just couldn’t stop thinking about it.

And while we were on holiday, my boss called me to say: “Listen, maybe you should go straight from Odessa to Vilnius? Don’t take any chances”. They got us tickets, and the same day we took a plane from Odessa to Vilnius. The police arrested all my colleagues, shortly after they visited my place, then my wife’s, and searched them in our absence.

If we had been in Belarus at that moment, if we had been there, crossing the border, we would have been arrested right there and then. We realised that, at least for the moment, the road back to Belarus was closed to us until things improved.

The situation regarding freedom of speech in Belarus is really bad. It’s suffocated. About 40 of my colleagues from various independent media outlets are in prison for simply doing their jobs. And in other Belarusian medias you won’t find any criticism of the authorities or the government. It’s currently impossible to do this from within the country.

So, that’s how we arrived in Vilnius, with our flippers, and we’ve been living here for four years now. “туга па радзіме” (“longing for your homeland” in English, ed.)… For me, it’s the people I miss the most. My relatives, close friends, sisters, parents, my mother-in-law.

But if we go back to Belarus, we’ll be detained at the border immediately. I’ve been put on the international wanted list. Independent journalism in Belarus is considered extremism, something dangerous. Our activities are declared ‘undesirable’. All the media outlets I have worked for in recent years are recognised in Belarus as extremist groups. So I’m a four-time member of extremist groups.

So as I said, I had a choice: either go to prison or be free and continue my work. I chose the second option, to leave Belarus, even though it was a painful decision, to live in another country, and to continue to tell people the truth. And people need that truth.

Aliaksandr     

His testimony, along with that of Ekaterina and Fatima, a Russian journalist and an Azerbaijani journalist, can be found in the new episode of our documentary series: Journalists in exile against repression.

Watch the documentary

Journaliste en exil : action et vérité

October 29, 2025

Vilnius, le 22 octobre 2025,

Mon nom est Aliaksandr Yaroshevich. Je suis journaliste d’investigation, biélorusse et je vis actuellement à Vilnius. J’ai déménagé ici, car il m’était devenu impossible de faire mon travail en Biélorussie. J’ai été contraint de choisir entre la prison et la liberté ailleurs. J’ai choisi la liberté et la possibilité de continuer à travailler.

J’ai fait ce choix, il y a quatre ans. C’était le début de l’été. Les grands journaux du pays avaient déjà été ciblés (à l’époque, la très populaire plateforme d’information TUT.BY et le site de l’un des plus anciens journaux du pays, Nasha Niva, avaient été bloqués, ndlr.) et les autorités commençaient à s’en prendre à d’autres médias de toutes sortes.

Depuis l’hiver 2020-2021, je vivais dans un stress constant, craignant chaque jour que la police vienne m’arrêter. Je me réveillais le matin, regardais l’horloge et pensais : « Oh, il est déjà huit heures, iels viennent généralement t’arrêter tôt le matin. Donc, ce n’est pas pour aujourd’hui, Dieu merci. »

Pendant un temps, je m’étais installé dans la maison de campagne d’un de mes collègues, avec mon téléphone éteint, j’avais même retiré la batterie de ce téléphone afin qu’on ne puisse pas suivre mes déplacements, car on nous avait dit que nous étions également dans le viseur des autorités.

Puis les forces de l’ordre sont venues dans notre studio pendant que nous tournions une émission et ont arrêté les techniciens et les cameramen. Après cela, nous avons fait profil bas.

Donc à l’été 2021, j’avais besoin de me changer les idées. Nous avons décidé de partir en vacances en Ukraine avec ma femme. Et nous sommes allé·es à Odessa début juillet. Un voyage à la mer, avec un sac à dos rempli d’affaires de plage, comme des palmes, etc.

Et une fois à la plage, tout ce que nous avons fait, c’est… checker notre fil d’actualité pour voir lesquel·les de nos collègues avaient été arrêté·es. Une nouvelle vague de répression était en cours en Biélorussie. Ce n’était donc pas des vacances, mais plutôt une sorte de cauchemar. Nous ne pouvions pas nous empêcher d’y penser.

Puis mon patron m’a appelé et m’a dit : « Écoute, tu devrais peut-être aller directement d’Odessa à Vilnius. Ne prends pas de risques. » La rédaction nous a obtenu des billets, et le jour où nous nous sommes envolé·es pour Vilnius, la police a arrêté tou·tes mes collègues, et peu après, iels se sont rendu·es chez moi, chez ma femme, et ont fouillé nos appartements en notre absence.

Si nous avions été en Biélorussie à ce moment-là, si nous avions été là, en train de traverser la frontière, nous aurions été arrêté·es sur le champ. La route est fermée pour nous, du moins jusqu’à ce que la situation s’améliore en dans le pays.

La liberté d’expression en Biélorussie est très limitée. Elle est étouffée. Une quarantaine de mes collègues issu·es de différents médias indépendants sont en prison pour avoir simplement fait leur travail. Et dans les autres médias biélorusses, vous ne trouverez aucune critique à l’égard des autorités, vous ne trouverez aucun article critiquant le gouvernement. Il est actuellement impossible de le faire depuis l’intérieur du pays.

C’est donc ainsi que nous sommes arrivés à Vilnius, avec nos palmes… et nous vivons ici depuis quatre ans maintenant ! « туга па радзіме » (mal du pays en français, ndlr.)… En fait, personnellement, ce sont les gens qui me manquent le plus. Mes proches, mes meilleur·es ami·es, mes sœurs, mes parents, ma belle-mère.

Mais si nous retournons en Biélorussie… nous serons immédiatement arrêté·es à la frontière. Là-bas, je suis recherché au niveau international, du moins en Biélorussie et en Russie. Dans mon pays, le journalisme indépendant est considéré comme de l’extrémisme, quelque chose de dangereux.

Nos activités sont déclarées « indésirables ». Tous les médias pour lesquels j’ai travaillé ces dernières années sont reconnus en Biélorussie comme des groupes extrémistes. Je suis donc quadruplement membre de groupes extrémistes.

Comme je l’ai dit, j’avais le choix : soit aller en prison, soit rester libre et continuer mon travail.J’ai choisi la deuxième option, quitter la Biélorussie, même si cela a été une décision douloureuse, pour vivre dans un autre pays et continuer à dire la vérité aux gens.

Et les gens ont besoin de cette vérité.

Aliaksandr     

Ce témoignage ainsi que celui d’Ekaterina et Fatima, une journaliste russe et une journaliste azerbaïdjanaise sont à retrouver dans le nouvel épisode de notre série documentaire : Journalistes en exil contre la répression.

Regarder le documentaire

Libertà in esilio: essere giornalista in Bielorussia

October 29, 2025

Vilnius, le 22 ottobre,

Mi chiamo Aliaksandr Yaroshevich, sono un giornalista investigativo, e attualmente vivo a Vilnius. Mi sono trasferito qui perché lavorare come giornalista era diventato impossibile in Bielorussia. Sono stato costretto a scegliere tra la prigione e la libertà. Ho deciso di scegliere la libertà e l’opportunità di continuare a lavorare.

Ho fatto questa scelta quattro anni fa. Era estate. Le principali testate giornalistiche bielorusse erano già state chiuse (all’epoca, la popolarissima piattaforma di informazione TUT.BY e il sito web di uno dei più antichi quotidiani del Paese, Nasha Niva, erano stati bloccati, ndr), e stavano iniziando a colpire altri media.

Dall’inverno 2020-2021, penso di aver vissuto in un costante stato di stress, vivendo con la paura che ogni giorno sarebbero potutз venire a prendermi. Mi svegliavo la mattina, guardavo l’orologio e pensavo: “Oh, sono già le otto, di solito vengono la mattina presto. Non oggi, grazie a Dio, molto probabilmente oggi non sarò trattenuto”.

Per un periodo ho vissuto nella casa di campagna di un mio collega, con il telefono spento, avevo tolto pure la batteria in modo che non potessero rintracciare i miei spostamenti. Mi era stato detto che avevano puntato anche noi.

Successivamente, la polizia ha fatto irruzione nel nostro studio mentre stavamo girando un programma e hanno arrestato tecnicз e cameramen. Dopo quell’evento, abbiamo tenuto un profilo basso.

Nell’estate del 2021, avevo bisogno di distrarmi in qualche modo. Con mia moglie, abbiamo deciso di andare in vacanza in Ucraina. Siamo andatз a Odessa all’inizio di luglio, al mare, con uno zaino pieno di cose per la spiaggia, come pinne e così via.

Tutto quello che facevamo al mare era controllare continuamente le notizie per vedere chi tra з nostrз colleghз veniva arrestatз. Era in corso una nuova ondata di repressioni in Bielorussia. Non è stata una vacanza, ma di una specie di incubo. Non riuscivamo a non pensarci.

Mentre eravamo in vacanza, il mio capo mi ha chiamato e mi ha detto: “Senti, forse dovresti andare direttamente da Odessa a Vilnius. Non correre rischi”. Ci hanno procurato i biglietti e il giorno in cui abbiamo preso l’aereo da Odessa a Vilnius la polizia ha arrestato tuttз з miз colleghз. Poco dopo hanno fatto visita a casa mia e a casa di mia moglie e le hanno perquisite in nostra assenza.

Se fossimo statз in quel momento in Bielorussia, se fossimo statз lì, se avessimo attraversato il confine, saremmo statз arrestatз anche noi. Abbiamo realizzato che, in quel momento lì, la strada era chiusa per noi, fino a quando le cose in Bielorussia non fossero migliorate.

La situazione della libertà di parola nel mio Paese è critica. È soffocata. Circa 40 deз miз colleghз provenienti da vari media indipendenti sono in prigione. E sugli altri media non c’è traccia di critiche alle autorità o di articoli che criticano l’attuale governo. In Bielorussia, attualmente è impossibile farlo dall’interno del Paese.

È così che siamo arrivatз a Vilnius, con le nostre pinne, e viviamo qui da quattro anni ormai! “туга па радзіме” (“nostalgia della patria” in italiano, ndr)… Per quanto mi riguarda, sono le persone a mancarmi di più. Parenti, le amicizie più care, le sorelle, з genitori, mia suocera.

Ma se tornassimo in Bielorussia verremmo immediatamente trattenutз al confine, siccome in Bielorussia io sono un ricercato a livello internazionale.

Il giornalismo indipendente in Bielorussia è considerato estremista, un qualcosa di pericoloso. Le nostre attività sono dichiarate “non desiderate”. Tutti i media nei quali ho lavorato negli ultimi anni sono riconosciuti in Bielorussia come gruppi estremisti. Quindi io sono quattro volte membro di gruppi estremisti.

Come ho detto, dovevo fare una scelta: o andare in prigione o essere libero e continuare a fare il mio lavoro. Ho scelto la seconda opzione, lasciare la Bielorussia, anche se è stata una decisione dolorosa. Vivere in un altro paese e continuare a dire la verità alla gente. E la gente ha bisogno di quella verità.

Aliaksandr     

La sua testimonianza, insieme a quella di Ekaterina e Fatima, una giornalista russa e una giornalista azera, è disponibile nel nuovo episodio della nostra serie “Giornalisti in esilio contro la repressione”.

Guarda il documentario

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