N°56 — Swings of Joy

September 7, 2025

Epano Elounda, 27th August,

I was born in Thessaloniki, and live there for most of the year. But ever since I first set foot in Epano Elounda, a small village in Crete, my heart has belonged there, and I’ve made it my second home.

I care deeply for Epano Elounda, and whenever I’m there —for several months each year— I’m eager to participate in initiatives to improve village life. This year, I proposed an idea: to raise funds for two swings designed for children with disabilities.

When I shared the idea with friends in the village, they were thrilled. Their support was wholehearted.

The idea for the swings came from a personal place. My best friend’s daughter in Thessaloniki lived with a severe disability. She was unable to do most of the things other children could. Her illness was hell, and the Greek state only added fuel to the fire. She passed away at 23 —never having experienced the simple joy of swinging.

In Greece, there is hardly any provision for people with special needs. Infrastructure is practically nonexistent. These individuals often can’t even get around —how could they, when, for example, pavements lack ramps and are so poorly maintained that they pose a risk even to able-bodied pedestrians?

For children with disabilities, the situation is even harsher. Their right to play is rarely acknowledged. Public playgrounds don’t include appropriate equipment. There are a tiny handful exclusively for disabled children— but this just cements their societal exclusion.

A friend, who’s an engineer, and I, did some thorough research to find the best swings available. These swings have to be built according to specific standards. They are spacious and equipped with safety straps that eliminate the risk of falling, even for children with severe disabilities. The ones we chose were red.

The cost was not small —2500 euros— but we raised the funds, thanks to contributions from residents and friends of the village. Some could afford more; others gave from what little they had. It wasn’t charity, it was justice. These swings should not be a luxury, they should be everywhere.

We received no support from the local authorities. But we were determined. Nothing would stop us. And we managed to buy the swings!

We decided to install them in a small clearing where a playground once stood, now abandoned. We cleared it of weeds and rubbish, leveled the ground, and pruned and revived the beautiful old olive tree in the center. We repaired the wooden fence and painted it in cheerful colours.

Then the swings arrived —and we threw a huge feast to celebrate! We organised activities for children and invited speakers who understand disability firsthand. A couple who run a local taverna volunteered to provide food on their day off, and other volunteers brought homemade dishes. Of course, there was music and dancing with musicians from Epano Elounda!

The first time Maria, a 12-year-old disabled girl from the village, sat on this beautiful red swing, it was deeply moving. Her joy at finally being able to swing by herself was indescribable. She couldn’t stop laughing —a sound that soothed her mother’s heart, who had only ever seen her child pushed to the margins.

From that day on, it was as if the village’s heart started beating again. All the children, disabled and non-disabled, now play together. Children, after all, always find a way if we adults create the right conditions.

Maria’s parents and grandparents now bring her to the playground regularly. They can finally relax on a bench, enjoy their coffee and connect with other parents, knowing that she’s safe and included.

Interestingly, the municipal authorities, who had previously ignored us, now seem to have changed their tune. They recently announced a proposal to include at least one accessible play feature in every playground in the Municipality of Agios Nikolaos (where Elounda belongs) by September.

I feel such joy. If this promise is kept, it will mean that a small handful of people have managed to shift the tides of inclusion in Crete —and perhaps spark change across all of Greece. I only wish my friend’s daughter had been able to enjoy a swing like this.

Anastasia

Anastasia lives between Thessaloniki and Epano Elounda, a village in Crete where she spends a few months each year. This year, she decided to tackle the discrimination that children with disabilities face on the playgrounds. 

N°56 — La Balançoire de la Justice

September 7, 2025

Epano Elounda, le 27 août,

Je suis née à Thessalonique et j’y vis la majeure partie de l’année. Mais à l’instant où j’ai mis les pieds à Epano Elounda, un petit village de Crète, mon cœur s’y est installé. Et c’est désormais ma deuxième maison.

Je me soucie d’Epano Elounda. Quand que j’y suis — plusieurs mois par an —, j’ai envie de participer aux initiatives qui améliorent la vie du village. Cette année, j’ai proposé une idée : collecter de l’argent pour deux balançoires conçues pour les enfants en situation de handicap.

Quand j’en ai parlé à mes ami·es d’Epano Elounda, iels étaient enchanté·es. Iels m’ont accordé un soutien sans réserve.

L’idée de ces balançoires m’a été inspirée par une expérience personnelle. La fille de ma meilleure amie à Thessalonique était atteinte d’un grave handicap. Elle ne pouvait pas faire la plupart des choses que les enfants peuvent faire. Sa maladie a été un enfer, et l’État grec n’a fait qu’ajouter de l’huile sur le feu. Elle s’est éteinte à 23 ans, sans n’avoir jamais connu le plaisir simple de se balancer.

En Grèce, quasiment aucune disposition n’est prise pour les personnes avec des besoins particuliers. Les infrastructures adaptées sont presque inexistantes. Souvent, ces personnes ne peuvent même pas se déplacer. Comment le pourraient-elles quand, par exemple, les trottoirs ne sont pas équipés de rampes d’accès ? Ou quand ils sont si peu entretenus qu’ils représentent déjà un danger pour des piéton·es valides ?

Pour les enfants en situation de handicap, la réalité est encore plus difficile. Leur droit à jouer est rarement respecté. Les aires de jeux publiques ne sont pas adaptées. Il y en a seulement une poignée, conçues uniquement pour ces enfants, ce qui ne fait que cimenter leur exclusion sociale.

Un ami ingénieur et moi avons fait des recherches approfondies pour trouver les meilleures balançoires du marché. Elles doivent être construites selon des standards spécifiques. Elles sont spacieuses et équipées de sangles de sécurité qui éliment le risque de chute, même pour des enfants avec de forts handicaps. Notre choix s’est finalement porté sur un modèle rouge.

Le coût n’était pas négligeable — 2500 euros — mais nous avons rassemblé les fonds grâce à la contribution de résident·es et ami·es di village. Certain·es pouvaient donner beaucoup ; d’autres donnaient le peu qu’iels avaient. Ce n’était pas de la charité, c’était de la justice. Ces balançoires ne devraient pas être du luxe, il devrait y en avoir partout !

Nous n’avons pas reçu de soutien de la part des autorités locales, mais nous étions déterminé·es. Rien ne pouvait nous arrêter. Et nous sommes parvenu·es à acheter les balançoires par nous-mêmes.

Nous avons décidé de les installer dans une petite clairière où se trouvait autrefois une aire de jeux, désormais abandonnée. Nous avons débroussaillé, ramassé les détritus, nivelé le sol et taillé et ravivé le vieil olivier magnifique qui se trouve au centre. Nous avons réparé la clôture et l’avons repeinte avec des couleurs gaies.

Puis les balançoires sont arrivées et nous avons fait une grande fête en leur honneur ! Nous avons organisé des activités pour les enfants, invités des conférenciers qui connaissent bien le handicap. Un couple qui tient une taverne s’est porté volontaire pour fournir la nourriture pendant leur jour off et d’autres bénévoles ont apporté des plats faits maison. Et bien évidemment, il y avait de la musique et de la danse avec des musicien·nes d’Epano Elounda !

La première fois que Maria, une petite fille du village, âgé de 12 ans et en situation de handicap, s’est assise sur la belle balançoire rouge, c’était profondément émouvant. Sa joie de pouvoir enfin se balancer seule était indescriptible. Elle ne s’arrêtait pas de rire. Et le son de ce rire apaisait le cœur de sa mère, qui l’avait toujours vue marginalisée.

À partir de ce jour, c’est comme si le cœur du village s’était remis à battre. Tous les enfants, en situation de handicap ou pas, jouent maintenant ensemble. Après tout, les enfants trouvent toujours un moyen de s’amuser si nous, adultes, créons les conditions adéquates.

Les parents de Maria et ses grands-parents l’amènent désormais régulièrement à l’aire de jeux. Iels peuvent enfin se détendre, assis sur les bancs, siroter leur café et se lier d’amitié avec les autres parents, tout en la sachant en sécurité et intégrée.

C’est marrant comme les autorités qui nous avaient préalablement ignoré·es semblent aujourd’hui avoir changé d’avis. Iels ont récemment annoncé une proposition d’équiper chaque aire de la municipalité d’Agio Nikolaos — à laquelle appartient Epano Elounda — d’au moins un jeu adapté, d’ici septembre.

Je suis tellement heureuse. Si cette promesse est tenue, cela signifiera qu’un petit groupe de personnes ont réussi à faire évoluer les mentalités en matière d’inclusion en Crète, et peut-être partout en Grèce ! Je regrette seulement que la fille de mon amie n’ait pas pu profiter d’une balançoire comme celle-ci.

Anastasia

Anastasia vit entre Thessalonique et Epano Elounda, en Crète, où elle passe quelques mois par an. Cette année, elle a décidé de s’attaquer à la discrimination à laquelle les enfants en situation de handicap font face sur les aires de jeux. 

N°56 — Tuttɜ al parco

September 7, 2025

Epano Elounda, 27 agosto,

Sono nata a Salonicco, città dove vivo per la maggior parte dell’anno. Ma da quando ho messo piede per la prima volta a Epano Elounda, un piccolo villaggio dell’isola di Creta, il mio cuore è rimasto lì e quella è diventata la mia seconda casa.

Sono molto affezionata a Epano Elounda e ogni volta che ci vado, per diversi mesi all’anno, sono ansiosa i partecipare alle iniziative volte a migliorare la vita del villaggio. Quest’anno ho proposto un’idea: raccogliere fondi per due altalene progettate per bambinɜ con disabilità.

Quando ho condiviso l’idea con lɜ amicɜ del villaggio, sono rimastɜ entusiastɜ. Il loro sostegno è stato incondizionato.

L’idea delle altalene mi è venuta da un’esperienza personale. La figlia della mia migliore amica a Salonicco viveva con una grave disabilità. Non era in grado di fare la maggior parte delle cose che facevano lɜ altrɜ bambinɜ. La sua malattia era un inferno e lo Stato greco non faceva che peggiorare le cose. Si è spenta a 23 anni, senza aver mai provato la semplice gioia di dondolarsi su un’altalena.

In Grecia non esistono quasi servizi per le persone con bisogni speciali. Le infrastrutture sono praticamente inesistenti. Queste persone spesso non riescono nemmeno a spostarsi: come potrebbero, quando, ad esempio, i marciapiedi non hanno rampe e sono così mal tenuti da rappresentare un pericolo anche per ɜ pedoni non disabili?

Per ɜ bambinɜ con disabilità, la situazione è ancora più difficile. Il loro diritto al gioco è raramente riconosciuto. I parchi giochi pubblici non dispongono di attrezzature adeguate. Ce ne sono pochissimi riservati esclusivamente aɜ bambinɜ disabili, ma questo non fa che rafforzare la loro esclusione dalla società.

Un mio amico ingegnere e io abbiamo fatto delle ricerche approfondite per trovare le migliori altalene disponibili. Queste altalene devono essere costruite secondo standard specifici. Sono spaziose e dotate di cinture di sicurezza che eliminano il rischio di caduta, anche per bambinɜ con disabilità gravi. Quelle che abbiamo scelto sono rosse.

Il costo non è stato irrisorio (2.500 euro), ma siamo riuscitɜ a raccogliere i fondi grazie ai contributi deɜ residenti e dellɜ amicɜ del paese. Alcunɜ potevano permettersi di dare di più, altrɜ hanno donato quel poco che avevano. Non per carità, per giustizia. Queste altalene non dovrebbero essere un lusso, dovrebbero esserci ovunque.

Non abbiamo ricevuto alcun sostegno dalle autorità locali. Ma eravamo determinatɜ, niente ci avrebbe fermatɜ. E alla fine abbiamo comprato le altalene!

Abbiamo deciso di installarle in un piccolo prato dove un tempo c’era un parco giochi, ora abbandonato. Abbiamo ripulito il terreno dalle erbacce e dai rifiuti, livellato il terreno e potato e rinvigorito il bellissimo ulivo secolare al centro. Abbiamo riparato la staccionata di legno e l’abbiamo dipinta con colori allegri.

Poi sono arrivate le altalene e abbiamo fatto una grande festa di inaugurazione! Abbiamo organizzato attività per bambinɜ e invitato relatorɜ espertɜ in prima persona di disabilità. Una coppia che gestisce una taverna locale si è offerta volontaria per fornire il cibo nel loro giorno libero e altrɜ volontarɜ hanno portato piatti fatti in casa. Naturalmente c’era musica e balli con ɜ musicistɜ di Epano Elounda!

La prima volta che Maria, una ragazza disabile di 12 anni del villaggio, si è seduta su questa bellissima altalena rossa, è stato davvero commovente. La sua gioia nel poter finalmente dondolarsi da sola era indescrivibile. Non riusciva a smettere di ridere, un suono che ha confortato il cuore di sua madre, che aveva sempre visto la sua bambina emarginata.

Da quel giorno, è stato come se il cuore del villaggio avesse ricominciato a battere. Tuttɜ ɜ bambinɜ, disabili e non, ora giocano insieme. Dopotutto, trovano sempre un modo se noi adultɜ creiamo le condizioni giuste.

ɜ genitori e ɜ nonnɜ di Maria ora la portano regolarmente al parco giochi. Finalmente possono rilassarsi su una panchina, godersi il caffè e socializzare con lɜ altrɜ genitori, sapendo che lei è al sicuro e inclusa.

È interessante notare che le autorità comunali, che in precedenza ci avevano ignorato, ora sembrano aver cambiato atteggiamento. Recentemente hanno annunciato una proposta per includere almeno un’attrezzatura accessibile in ogni parco giochi del comune di Agios Nikolaos (di cui fa parte Elounda) entro settembre.

Provo una grande gioia. Se questa promessa verrà mantenuta, significherà che un piccolo gruppo di persone è riuscito a cambiare le cose in materia di inclusione a Creta e forse a innescare un cambiamento in tutta la Grecia.Vorrei solo che la figlia della mia amica avesse potuto godersi un’altalena come questa.

Anastasia

Anastasia vive tra Salonicco ed Epano Elounda, a Creta, dove trascorre alcuni mesi all’anno. Quest’anno ha deciso di affrontare il problema della discriminazione che subiscono ɜ bambinɜ con disabilità nei parchi giochi.

Stay tuned!
Subscribe to
our newsletter

Stay tuned!
Subscribe to
our newsletter