N° 45 – Livin’ on the edge

April 8, 2025

Nicosia, 25th March

I live and work in the same city, but not in the same country. The island where I live, Cyprus, is divided into two by a border which cuts through its capital, Nicosia.

I’ve been living in the southern part of Nicosia for a year and a half now. However, my job, my family, and many of my friends are still on the other side of the border. So, my life and my daily routine is split in two.

I usually wake up at 6am, have breakfast with my husband and daughter, and then drive to the border, which takes about 20 minutes. At the checkpoints, I show my ID cards- I have two of them.

I use my Republic of Cyprus ID at the checkpoint on the Greek-speaking southern side, and my Turkish Republic of Northern Cyprus (TRNC) ID on the northern side. The same goes for car insurance, I have one policy for the north and another for the south. Depending on traffic, after another 20-minute drive, I arrive at the school where I teach.

I’m there until 2pm, then I go to my parents’ house for lunch. So, even though my parents technically live in a different country, I see them often, without having to board a plane.

After lunch, I run errands or go grocery shopping. In a way, this is a good thing because I can pick the best from both sides. Before 4pm, I cross the two checkpoints again and head home.

Even though the checkpoints were opened in 2003, which was a big step forward, they were closed for so long that people remain divided in their minds.

Here in Nicosia, when you say, “Let’s go out for dinner with friends,” 95% of people only consider places on their own side. It’s not just about language barriers, other issues, like long queues at the checkpoint or the fact that SIM cards don’t work across the border, discourage people from crossing.

In almost every conversation between Cypriots, the topic of the border comes up at some point. We always end up talking about what will happen next, especially in the north, where due to the division you feel limited. It feels like a place where you technically have access to everything, but in reality you don’t.

The Turkish Republic of Northern Cyprus (TRNC) isn’t internationally recognized, which makes everyday life pretty challenging. For example, I can’t deposit my salary into a bank on the southern side, because it comes from an institution of an unrecognised country. Due to the difficulties linked to the north, all in all, we decided it would be easier to move to the south, to the Republic of Cyprus.

Moving across the border is not something that happens very often, which is why, at first, I thought my friends would question it. But surprisingly, when I told them, most people understood. They said, “Good for you”, which wasn’t the reaction I was expecting. Once we moved, we felt much more welcomed than I had imagined and that was something I truly loved.

On both sides, there is still a small minority who see the people across the border as enemies. But the majority of people are simply stuck in this limbo—because the checkpoints are not porous enough. You can’t just cross the border to grab a beer or go to the gym. As a result, people don’t interact enough, they can’t fully get to know one other. There are hardly any shared spaces for the two communities, just a handful of places where Greek Cypriots and Turkish Cypriots can sit together and share experiences.

For the future, I want to hold on to hope, because without it, there’s nothing left. I used to be more hopeful a few years ago, when it seemed like we were moving towards a solution. But hope must not be lost; we must create our own hope through collaboration, and set an example.”

Tuğçem

Tuğçem was born and raised in the northern half of Cyprus, in the unrecognized Turkish Republic of Northern Cyprus. Today, however, she lives across the border in the Greek-speaking, southern part of Nicosia—the last divided capital of the EU. She shares the story behind her decision, how she balances her work and family life still rooted in the north, and what it means to live a life constantly straddling both sides of a divided island.

Une vi(ll)e coupée en deux

April 8, 2025

Nicosie, le 25 mars

La ville où j’habite est aussi celle où je travaille, mais elle me fait changer de pays. L’île sur laquelle je vis, Chypre, est divisée en deux par une frontière, et c’est aussi le cas de sa capitale, Nicosie.

J’habite de l’autre côté de la frontière, dans la partie sud de Nicosie, depuis un an et demi maintenant. Mais mon travail, ma famille et bon nombre de mes ami·e·s se trouvent toujours côté nord. Ma vie, ma routine quotidienne, est donc coupée en deux.

Je me lève généralement vers 6h du matin, prends mon petit déjeuner avec mon mari et ma fille, puis je me rends en voiture jusqu’à la frontière, un trajet d’environ 20 minutes. Aux points de contrôle, je montre mes deux cartes d’identité. Côté sud grécophone, ma carte de la république de Chypre, et côté nord, celle de la république turque de Chypre du Nord (RTCN). Pareil pour l’assurance de ma voiture : j’ai un contrat pour le nord et un autre pour le sud. Selon la circulation, après 20 minutes supplémentaires de trajet, j’arrive à l’école où j’enseigne.

J’y suis jusqu’à 14h, puis je vais déjeuner chez mes parents. Donc, même si techniquement mes parents vivent dans un autre pays, je peux les voir souvent, sans avoir besoin de prendre l’avion.

Après le repas, je vais faire quelques courses. En un sens, c’est un avantage, car je peux prendre ce qu’il y a de mieux de chaque côté. Vers 16h, je passe les points de contrôle dans l’autre sens et je rentre chez moi.

Même si les checkpoints ont ouvert en 2003, ce qui était un grand pas en avant, ils sont restés fermés si longtemps que les gens sont aussi divisés mentalement.

Ici à Nicosie, quand il s’agit de sortir dîner avec des amis, 95% des gens ne vont considérer que des endroits qui se situent de leur côté. Ce n’est pas seulement une question de barrière linguistique ; des problèmes comme les longues files d’attentes au checkpoint ou le fait que les cartes SIM ne fonctionnent pas de l’autre côté découragent les gens de traverser.

Dans presque chaque conversation entre Chypriotes, le sujet de la frontière est abordé à un moment ou un autre. On finit toujours par parler de ce que l’avenir nous réserve, surtout au nord, où l’on se sent limité à cause de la division. De l’extérieur, on dirait qu’on a accès a tout — mais en réalité, ce n’est pas le cas.

La république turque de Chypre du Nord n’est pas reconnue internationalement, ce qui rend la vie quotidienne assez compliquée. Par exemple, je ne peux même pas déposer mon salaire sur un compte bancaire côté sud, car il vient d’une institution d’un pays non reconnu. C’est à cause de ces difficultés liées au nord qu’on a finalement décidé de déménager au sud, en république de Chypre.

Déménager de l’autre côté de la frontière n’est pas quelque chose qui arrive souvent, raison pour laquelle je pensais, au début, que mes ami·e·s remettraient ma décision en question. Mais contre toute attente, quand je le leur ai annoncé, la plupart ont compris. Iels me disaient : « Tant mieux pour toi ». Ce n’était pas la réaction que j’avais imaginée. Après notre déménagement, on s’est sentis mieux accueillis que ce à quoi je m’attendais, et c’est quelque chose qui m’a vraiment plu.

Des deux côtés, il existe encore une petite minorité qui voit les personnes de l’autre côté de la frontière comme des ennemis. Mais la majorité des gens sont seulement coincés dans cet entre-deux, car les checkpoints ne sont pas assez poreux. On ne peut pas simplement traverser la frontière pour aller à la salle de sport ou boire une bière. Par conséquent, les gens n’interagissent pas assez, n’apprennent pas assez à se connaître. Il n’existe presque pas d’espace commun pour les deux communautés — juste quelques endroits où Chypriotes grec·que·s et Chypriotes turc·que·s se réunissent atour de partages d’expériences.

Pour l’avenir, je veux garder espoir, car sans espoir, il n’y a plus rien. J’étais plus optimiste il y a quelques années, quand on avait l’impression d’aller vers une solution. Mais on ne doit pas perdre espoir ; nous devons nourrir notre propre espoir à travers la collaboration pour créer quelque chose qui ait de la valeur et montrer l’exemple.

Tuğçem

Tuğçem est née et a grandi dans la partie nord de Chypre, au sein de la république turque de Chypre du Nord. Aujourd’hui, cependant, elle habite de l’autre côté de la frontière, dans la partie sud grécophone de Nicosie — la dernière capitale divisée de l’Union européenne. Elle partage l’histoire derrière sa décision, raconte comment elle gère son travail et sa famille qui se trouvent toujours au nord, et ce qu’implique une vie constamment à cheval entre les deux moitiés d’une île divisée.

La mia vita divisa a metà dal confine

April 8, 2025

Nicosia, 25 marzo

La mia casa e il mio lavoro si trovano nella stessa città, ma non nello stesso Paese. Cipro, l’isola in cui sono nata e in cui vivo, è divisa in due da un confine. Lo stesso vale per la sua capitale, Nicosia. Al di sotto della linea, la maggior parte della popolazione è greco-cipriota, al di sopra, turco-cipriota.

Io vivo a Nicosia, dall’altra parte della frontiera, da un anno e mezzo ormai. Tuttavia, la mia famiglia, moltз amicз e il mio lavoro sono rimastз di là. Ecco perché la mia, oggi, è una vita divisa a metà.

Di solito mi sveglio alle sei del mattino, faccio colazione con mio marito e mia figlia, poi guido fino al confine, che dista circa 20 minuti. Ai checkpoint mostro le mie carte d’identità, ne ho due. Uso la mia carta d’identità della Repubblica di Cipro al posto di blocco sul lato sud e la mia carta d’identità della Repubblica Turca di Cipro del Nord (TRNC) sul lato nord. Lo stesso vale per l’assicurazione auto: devo avere una polizza per il nord e un’altra per il sud. A seconda del traffico, dopo altri 20 minuti di auto, arrivo alla scuola dove insegno.

Rimango lì fino alle 14, poi vado a casa deз mieз genitori per pranzo. Quindi, anche se tecnicamente vivono in un altro Paese, riesco a vederli spesso, senza dover prendere un aereo.

Dopo pranzo, sbrigo delle commissioni o vado a fare la spesa. In un certo senso è una cosa positiva, così posso scegliere i prodotti migliori da entrambi i lati. Alle 16, attraverso di nuovo i due checkpoint e torno a casa.

Anche se i posti di confine sono stati aperti nel 2003, ed è stato sicuramente un grande passo avanti, sono rimasti chiusi così a lungo che la divisione si è sedimentata nella mente delle persone.

Qui a Nicosia, quando pensi: “Andiamo a cena fuori”, il 95% delle persone prende in considerazione solo posti dalla propria parte. Non è solo una questione di lingua: problemi come le code al checkpoint o il fatto che le carte SIM non funzionino oltre la frontiera scoraggiano le persone dall’attraversare.

In quasi tutte le conversazioni tra cipriotз ad un certo punto viene fuori l’argomento del confine. Finiamo sempre per parlare di quello che succederà dopo, soprattutto al nord.

La Repubblica Turca di Cipro del Nord è un Paese non riconosciuto dalla comunità internazionale, e quindi ci sono diversi limiti.

Da fuori sembra un luogo dove c’è accesso a tutto, ma non è così. Per esempio, io non posso nemmeno depositare il mio stipendio in banca nella parte sud, perché proviene da un’istituzione di un’entità non riconosciuta.

Per questo tipo di limiti abbiamo deciso di trasferirci a sud, nella Repubblica di Cipro.

Andare a vivere oltre confine non è una cosa che capita spesso, motivo per cui all’inizio pensavo che з miз amicз avrebbero avuto delle riserve.

Ma sorprendentemente, quando gliel’ho detto, la maggior parte di loro ha capito. “Buon per te”, mi dicevano. Non era questa la reazione che mi aspettavo. Una volta trasferitз, ci siamo sentitз più accoltз di quanto immaginassi, ed è stata una cosa che ho davvero apprezzato.

Da entrambe le parti c’è ancora una piccola minoranza che considera chi vive dall’altro lato del confine come nemicз. Ma la maggior parte delle persone è semplicemente bloccata in questo limbo, perché i checkpoint non sono abbastanza porosi.

Non è facile attraversare il confine per andare semplicemente a bere una birra o in palestra. Di conseguenza, le persone non interagiscono abbastanza, non hanno modo di conoscersi veramente. Non ci sono quasi spazi condivisi per le due comunità, solo una manciata di posti dove greco-cipriotз e turco-cipriotз si siedono insieme e condividono esperienze.

Per il futuro, voglio mantenere viva la speranza, perché senza speranza non resta nulla. Ero più fiduciosa qualche anno fa, quando sembrava che ci stessimo avvicinando a una soluzione. Ma qui dobbiamo creare noi stessз la nostra speranza, per creare valore, per dare un esempio.

Tuğçem

Tuğçem è nata e cresciuta nella parte settentrionale di Cipro, nella Repubblica Turca di Cipro del Nord. Oggi, però, vive al di là del confine, nella parte greco-cipriota di Nicosia, l’ultima capitale divisa dell’UE. Tuğçem racconta a In Vivo la storia della sua “vita a metà” tra nord e sud, tra lavoro e famiglia, tra gli ostacoli della quotidianità e le speranze per un futuro di riunificazione.

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