Budapest, 15th April 2026,
On the 12th April, Hungary experienced a level of political engagement not seen in the country for a very a long time. On that day, many people woke up early, so eager and anxious to vote that they were already lining up at polling stations at 6 a.m., when voting began. There was a palpable sense that, after 16 years of the NER *(*Nemzeti Együttműködés Rendszere, or the National System of Cooperation in English, the name used by Viktor Orbán and his allies for the political system established in Hungary after 2010, ed.)—characterized by strong central control, loyal economic networks, and close alignment between the government, the press, and businesses— this election represented the most serious opportunity to date to remove what many saw as a “Putinist” government.
For months, opinion polls had suggested a decisive victory for the Tisza Party. Even so, many found it hard to believe that the Orbán government—with its overwhelming financial and organizational advantage—could be swept aside so easily. It was entirely possible that the prime minister would once again secure his power in an electoral system tailored to himself.
So I approached Sunday with extremely strained nerves. If Orbán were to win again even now, then the fate of the country—and possibly even Europe—would be sealed for a very long time, and in a bad direction.
Reports of electoral fraud began surfacing early in the day. In Kerepes (a small suburban town just outside of Budapest, ed.), for instance, the head of the local Roma self-government was said to have distributed gift cards worth 10,000 forints, asking recipients to vote for Fidesz in return.
Meanwhile, observers were stunned to see turnout levels surpass even the wildest expectations. State media repeatedly emphasized that high turnout could favor Fidesz (as it had in 2022, when they achieved their biggest victory ever). Pro-government outlets also spent the day broadcasting claims that the “pro-Ukrainian Tisza Party” was planning to incite a civil war that very evening and take to the streets with weapons.
By the time polls closed, new surveys from the pollster Medián and the 21 Research Center were projecting a near two-thirds victory for Tisza. Even so, after 7 p.m., Fidesz politicians were still speaking about their confidence in a Fidesz win.
Yet as time went on, Tisza’s lead continued to grow.
On Hír TV and other pro-government platforms, loyalists appeared visibly stunned on live television. Many seemed to have genuinely believed Fidesz’s own propaganda—that they would once again achieve a landslide victory “visible from the Moon.” By shortly after 9 p.m., it was clear that Tisza had won. By 10pm, it was evident that they had secured a victory on a scale that even Orbán himself had never achieved within the electoral system he designed. According to the nearly final results, Tisza was set to win 138 seats in parliament, Fidesz-KDNP 55, and the far right party Mi Hazánk (Our Homeland in English, ed.) 6.
At Fidesz’s election night event, people wandered around in shock and confusion after Orbán’s brief and subdued farewell speech. Suddenly, several pro-government commentators and anti-opposition pundits disappeared from Facebook. Balázs Németh, one of the most aggressively pro-government campaigners, would not even show up for his own program the next day. Starting in the afternoon, supporters of the Tisza Party gathered to celebrate at Batthyány Square, where Péter Magyar in his victory speech later that night, reiterated what he had long promised: accountability. Fidesz loyalists embedded throughout the state apparatus would have to leave, Russian influence would be pushed out, and a more Western-oriented, more peaceful style of governance would follow.
By then, techno music resounded throughout the city and in front of Parliament building. People flooded the streets across Budapest. Drunk revelers danced everywhere, and middle-aged women tore down pro-government, pro-Putin posters and scrawled “it’s over” in their place. On trams, intoxicated passengers sang, while drivers honked in celebration, chanting slogans against Fidesz. Journalists at 444, who were covering events, were reportedly showered by champagne in places.
And so it was that, peacefully, and with great celebration, the Orbán regime came to an end. This was the happiest day of my life —and also one of the longest as it ended at 4am, a time when strangers were still embracing one another in the streets of Budapest.
By the next day, the forint was significantly stronger, while companies tied to the NER system began to plunge on the stock market. Hungarians haven’t known such a decisive turning point since the autumn of 1956 (The Hungarian Revolution of 1956 was a nationwide uprising against Soviet control and the communist government, ed.) They managed to push out a corrupt system that had fed off them for years.
On 13th April, 2026, Hungary woke up to a new—and by all indications, better—world.
Mark
*Mark is a journalist at 444, Sphera Network’s Hungarian media partner.
Budapest, le 15 avril 2026,
Ça faisait longtemps qu’on n’avait pas vu un tel engouement politique en Hongrie ! Au matin du 12 avril 2026, beaucoup de personnes se sont réveillées tôt. Elles étaient tellement impatientes et anxieuses qu’elles faisaient déjà la queue devant les bureaux de vote à 6h, dès l’ouverture ! On sentait clairement qu’après 16 ans de NER (pour Nemzeti Együttműködés Rendszere ou Système national de coopération en français, le nom utilisé par Viktor Orbán et ses allié·es pour désigner le système politique mis en place en Hongrie après 2010, ndlr.) — caractérisé par un contrôle centralisé fort et une étroite collaboration entre le gouvernement, les médias et le monde des affaires —, cette élection représentait la plus sérieuse occasion à ce jour de renverser ce que beaucoup considéraient comme un gouvernement « poutiniste ».
Pendant des mois, les sondages d’opinion avaient laissé entrevoir une victoire décisive pour le parti Tisza (mené par l’ancien collaborateur et désormais opposant à Orbán, Péter Magyar, ndlr.). Malgré tout, beaucoup avaient du mal à croire que le gouvernement Orbán — fort de son avantage financier et organisationnel écrasant — puisse être balayé aussi facilement. Il était tout à fait possible que le Premier ministre consolide une nouvelle fois son pouvoir grâce à un système électoral taillé sur mesure pour lui.
Personnellement, j’ai donc abordé ce dimanche dans un état de tension extrême : si Orbán venait à remporter une nouvelle victoire, même à ce stade, le sort du pays — et peut-être même de l’Europe — serait scellé pour très longtemps, et dans une mauvaise direction.
Dès le début de la journée, au bureau, des informations faisant état de fraudes électorales nous parvenaient. À Kerepes (petite ville de la banlieue de Budapest, ndlr), par exemple, un responsable de l’administration locale aurait distribué des cartes-cadeaux d’une valeur de 10 000 forints, en demandant en échange aux bénéficiaires de voter pour le Fidesz.
Mais au même moment, les observateur·ices politiques regardaient stupéfait·es le taux de participation dépasser même les attentes les plus extrêmes (il a finalement atteint 77,80%, ndlr.). Les médias d’État répétaient alors encore qu’un taux de participation élevé pourrait favoriser le Fidesz — comme cela avait été le cas aux législatives de 2022, lorsqu’il avait remporté sa plus grande victoire. Les médias privés progouvernementaux, quant à eux, diffusaient à longueur de journée des allégations selon lesquelles le « Parti Tisza pro-ukrainien » prévoyait de déclencher une guerre civile le soir même et de descendre dans la rue armé.
À la fermeture des bureaux de vote, de nouveaux sondages prévoyaient une victoire de Tisza avec près des deux tiers des voix. Des estimations qui, à 19h passées, n’empêchaient pas les responsables du Fidesz de continuer d’exprimer leur confiance dans la victoire de leur parti.
Cependant, au fil des heures, l’avance de Tisza ne cessait de se creuser.
Peu à peu, dans les émissions diffusées par les chaînes et plateformes progouvernementales, les partisan·es du Fidesz paraissaient abasourdi·es. Beaucoup semblaient avoir sincèrement cru à la propagande du Fidesz, selon laquelle le parti remporterait une nouvelle fois une victoire écrasante « visible depuis la Lune ».
Peu après 21 heures, plus de doutes : Tisza avait gagné. À 22 heures, il était évident qu’iels avaient remporté une victoire d’une ampleur que même Orbán n’avait jamais atteinte au sein du système électoral qu’il avait lui-même conçu. Le parti de Magyar a finalement décroché 138 sièges au Parlement, le Fidesz-KDNP 55, et le parti d’extrême droite Mi Hazánk (Notre Patrie, en français, ndlr) 6.
Après le bref et sobre discours d’adieu d’Orbán, à la soirée électorale du Fidesz, les gens erraient, sous le choc, désorientés. Soudain, plusieurs commentateurs progouvernementaux et experts anti-opposition ont tout simplement disparu de Facebook. Balázs Németh, l’un des militants pro-Orbán les plus virulents, ne s’est même pas présenté à sa propre émission le lendemain.
À l’inverse, dès l’après-midi, les partisan·es de Tisza s’étaient rassemblé·es pour faire la fête sur la place Batthyány, où plus tard dans la soirée, Péter Magyar a réitéré ce qu’il promettait depuis longtemps : il y aurait des comptes à rendre, les fidèles du Fidesz infiltré·es dans l’appareil d’État devraient partir, l’influence russe serait écartée, et un style de gouvernance plus orienté vers l’Occident et plus pacifique s’ensuivrait.
De la musique techno résonnait dans la ville. Les gens envahissaient les rues de Budapest. Des fêtards ivres dansaient partout ; des femmes arrachaient les affiches pro-gouvernementales et pro-Poutine pour y griffonner « vége van » ou « c’est fini », en français. Dans les tramways, des passagers enivrés chantaient, tandis que les conducteurs klaxonnaient en signe de célébration, scandant des slogans contre le Fidesz. Les journalistes de 444 auraient même été arrosé·es de champagne à certains endroits.
C’est donc dans la joie et la bonne humeur, au cours d’une grande fête, que le système Orbán s’éteignait. C’était le plus beau jour de ma vie ; le plus long, également, puisqu’il a duré jusqu’à 4h — heure de la nuit où des inconu·es s’embrassaient encore dans les rues.
Dès le lendemain, les choses avaient changé : le forint (la monnaie hongroise, ndlr.) s’était considérablement redressé, tandis que les entreprises liées au système NER commençaient à s’effondrer en bourse. Les Hongrois·es n’avaient pas connu de tournant aussi décisif depuis l’automne 1956 (en référence à la révolution hongroise de 1956, un soulèvement national contre la domination soviétique et le gouvernement communiste, ndlr.). Iels avaient enfin réussi à renverser, sans aide extérieure, un système corrompu qui s’était nourri sur leur dos pendant des années.
Ce jour-là, le 13 avril 2026, la Hongrie s’est donc réveillée dans un monde nouveau — et, d’après tous les indicateurs, meilleur.
Mark
*Mark est journaliste chez 444, le partenaire hongrois de Sphera.
Budapest, 15 aprile 2026,
Era da tempo che non si vedeva un tale fermento politico in Ungheria. La mattina del 12 aprile 2026 molte persone si sono svegliate presto. Erano così impazienti e ansiose che alle 6 del mattino, non appena i seggi hanno aperto, si sono messe in fila per andare a votare. Si percepiva chiaramente che, dopo 16 anni di NER (acronimo di Nemzeti Együttműködés Rendszere o Sistema nazionale di cooperazione in italiano, il nome utilizzato da Viktor Orbán e daз suз alleatз per designare il sistema politico instaurato in Ungheria dopo il 2010, N.d.R.) — caratterizzato da un forte controllo centralizzato e una stretta collaborazione tra governo, media e mondo degli affari — queste elezioni rappresentassero l’occasione più seria fino ad oggi per rovesciare quello che moltз consideravano un governo “putiniano”.
Per mesi, i sondaggi avevano lasciato intravedere una vittoria travolgente per il Partito Tisza (guidato dall’ex collaboratore e ora oppositore di Orbán, Péter Magyar, N.d.R.). Ciononostante, moltз facevano fatica a credere che il governo — forte del suo schiacciante vantaggio finanziario e organizzativo — potesse essere spazzato via così facilmente. Era del tutto possibile che il primo ministro riuscisse ancora una volta a consolidare il proprio potere grazie a un sistema elettorale fatto su misura per lui.
Ho quindi passato la giornata di domenica con i nervi a fior di pelle: se Orbán avesse vinto ancora una volta, anche in questo momento, il destino del Paese – e forse anche dell’Europa – sarebbe stato segnato per molto tempo a venire, e in una direzione negativa.
Fin dall’inizio della giornata, sono circolate notizie di brogli elettorali. A Kerepes (una piccola città nella periferia di Budapest, N.d.R.), ad esempio, il responsabile dell’amministrazione locale avrebbe distribuito buoni regalo del valore di 10.000 fiorini, chiedendo in cambio aз beneficiarз di votare per Fidesz.
Ma nel frattempo, lз osservatorз sbalorditз guardavano l’affluenza alle urne superare persino le aspettative più estreme. I media statali sottolineavano che un’alta affluenza avrebbe potuto favorire Fidesz — come era successo alle elezioni legislative del 2022, quando aveva ottenuto la sua più grande vittoria. E i media filogovernativi, dal canto loro, diffondevano per tutto il giorno accuse secondo cui il “Partito filo-ucraino Tisza” avrebbe previsto di scatenare una guerra civile quella stessa sera e di scendere in strada armato.
Alla chiusura dei seggi, nuovi sondaggi prevedevano una vittoria di Tisza con quasi i due terzi dei voti. Stime che, dopo le 19, non impedivano ai responsabili di Fidesz di continuare a esprimere la loro fiducia in una vittoria del proprio partito.
Con il passare delle ore, tuttavia, il vantaggio di Tisza ha continuato ad aumentare.
Nelle trasmissioni diffuse dai canali e dalle piattaforme filogovernative, з sostenitorз di Fidesz apparivano sbalorditз. Moltз sembravano aver creduto sinceramente alla propaganda del loro partito, secondo cui avrebbero ottenuto ancora una volta una vittoria schiacciante «visibile dalla Luna».
Poco dopo le 21, non ci sono stati più dubbi: Tisza aveva vinto. Alle 22 era evidente che avessero ottenuto una vittoria che nemmeno Orbán aveva mai raggiunto, pur con il sistema elettorale da lui stesso ideato. Il partito Tisza ha infine conquistato 138 seggi in Parlamento, Fidesz-KDNP 55 e il partito di estrema destra Mi Hazánk (La nostra patria, in italiano, N.d.R.) 6.
Dopo un discorso d’addio di Orbán breve e sobrio, alla serata elettorale di Fidesz si vedeva la gente vagare, sotto shock e disorientata. Improvvisamente, diversi commentatorз filogovernativз ed espertз anti-opposizione sono scomparsз da Facebook. Balázs Németh, uno deз militanti filogovernativз più aggressivз, non si è nemmeno presentato alla sua stessa trasmissione il giorno dopo.
Al contrario, a partire dal pomeriggio, з sostenitorз di Tisza si sono riunitз per festeggiare in piazza Batthyány, dove Péter Magyar ha ribadito ciò che prometteva da tempo: che alcune persone avrebbero dovuto prendersi delle responsabilità, che з fedeli di Fidesz infiltratз nell’apparato statale avrebbero dovuto andarsene, che l’influenza russa sarebbe stata messa da parte e ne sarebbe seguito uno stile di governo più pacifico e orientato verso l’Occidente.
La musica techno ha iniziato a risuonare per la città. La gente ha invaso le strade di Budapest. Persone in festa in stato di ebbrezza ballavano ovunque; donne di mezza età strappavano i manifesti filogovernativi e filoputiniani scarabocchiando sopra “vége van”, “è finita”, in italiano. Sui tram, passeggerз cantavano, mentre з conducenti suonavano il clacson in segno di festa, scandendo slogan contro Fidesz. La diretta di 444 è stata inondata di champagne in alcuni momenti.
È stato quindi in un clima di gioia e allegria, come in una grande festa, che il sistema Orbán è giunto al termine. È stato il giorno più bello della mia vita — e anche il più lungo, dato che è durato fino alle 4 del mattino, ora in cui ancora si vedevano sconosciutз baciarsi per le strade.
Le cose sono cambiate già dal giorno successivo: il fiorino si è notevolmente rafforzato, mentre le aziende legate al sistema NER hanno iniziato a crollare in borsa. Lз ungheresi non vivevano una svolta così decisiva dalla Rivoluzione del 1956 (nell’autunno del 1956, l’Ungheria fu teatro di una rivolta nazionale contro il dominio sovietico e il governo comunista, N.d.R.). E nonostante l’assenza di venti favorevoli sulla scena internazionale — a differenza del 1989, quando lз ungheresi diedero il colpo di grazia al regime comunista —, sono riuscitз a rovesciare un sistema corrotto che si era arricchito a loro spese per anni.
Il 13 aprile 2026, l’Ungheria si è risvegliata in un mondo nuovo – e, a quanto pare, migliore.
Mark
* Mark è un giornalista di 444, partner della rete Sphera.