Nantes, 13th May 2026,
Last April, I found out I had breast cancer. On the very same day, my grandfather died of cancer. He was over 90, but it came as a shock to me. People often say it’s to be expected for an elderly person, but I don’t think it’s normal to die that way.
When I went to see my GP after the diagnosis, he said to me: “Everything’s fine, you’ll be very well looked after; you’re in France, and breast cancer is very treatable.” He was trying to reassure me, which is understandable. But I was really angry.
My first thought was: “Why is this happening to me?” At 45, I was still young. I didn’t fit the statistics. I’ve always lived in an environment where people care about what they eat and prefer organic produce. So I felt that initial anger, which is only natural.
Then another question popped into my mind: what are politicians doing about it? At the time, in France, the National Assembly were beginning to examine the Duplomb Bill (a bill containing a clause that would have reintroduced certain pesticides banned in France, which prompted a petition with over 2 million signatures. It was eventually enacted without that clause and, among other things, led to the creation of the Cancer Colère collective, editor’s note). Some of our MPs were trying to reintroduce acetamiprid (an insecticide which is toxic to biodiversity, potentially also to human health and very likely carcinogenic, which has been banned in France since 2018, editor’s note)! Even the Medical Association spoke out against this law – and they’re not known for being big left-wing environmentalists.
Before that, I hadn’t really thought much about the link between the environment and cancer. When I was told I had the disease, no one ever mentioned the causes. We’re hardly ever told about environmental and social factors. We’re immediately whisked away down the path to recovery. Chemotherapy, radiotherapy… We have to get better. Most oncologists spend very little time discussing the causes. Sometimes, you get the impression it bothers them. When I asked my oncologist about it, she told me, “Pesticides are beyond our remit.”
There is a sense of unease, but there can be no doubt about it. A recent study conducted by French and Peruvian researchers documented the links between cancer and pesticides across Peru (the study, published in the scientific journal Nature Health, shows a ‘robust association’ between environmental exposure to the main pesticides used in the country and an increased risk of certain cancers in over 400 areas spread across the whole of Peru, editor’s note)!
Not far from where I live in Nantes, there is a town called Sainte-Pazanne, where a cluster of 25 children have been diagnosed with cancer in recent years (a group of parents have been campaigning for years to identify the causes and suspect high concentrations of pesticides and very strong electromagnetic fields – editor’s note). It’s terrible! I have cancer, but I don’t want my son or my friends to get it too.
We all know someone who has had the disease. I attended my first funeral for someone who died of cancer when I was 35, and the person was the same age as me. It’s shocking – why does everyone get cancer? We mustn’t think of it as a rare occurrence. It’s an epidemic.
We often read or hear the statistics, but you don’t grasp the scale of it until you’re in a hospital with other patients. One of the main aims of Cancer Colère is to try and break out of this invisibility. It’s also important that we’re visible as patients in public spaces. When I watched Fleur Breteau, the spokesperson for Cancer Colère, who was undergoing chemotherapy at the time, accuse the MPs who had just voted for the Duplomb law of being cancer allies, I told myself we had to do the same and take action, so that the shame shifts to the other side!
Two weeks after my first round of chemotherapy, I lost all my hair. I decided not to wear a wig. I went out with my bare head– not all the time, but often. Some days I was tired and couldn’t be bothered to spend an hour getting ready, putting on make-up and a turban, or doing my eyebrows.
It’s a personal choice and everyone is different, but for me it’s important to show what cancer does to the body, to challenge the stereotypes and the messages in magazines where you see smiling women with fresh complexions and pretty turbans. We mustn’t trivialise this disease, or its causes and consequences. It must be treated as a political issue. That is the aim of our collective.
We were thrown out of cancer centre in Nantes, during one of Cancer Colère’s first leafleting campaigns, and lectured on the subject of anger, which they said was not conducive to recovery. I disagree, I believe that expressing and sharing your anger within a collective is liberating. You’re not alone with your anxieties and you’re taking action. Anger is part of war. Through this collective, we are turning it into action, we’re fighting… and it’s also quite joyful to do it together!
Noémie
Nantes, le 13 mai 2026,
L’année dernière, au mois d’avril, j’ai appris que j’avais un cancer du sein. Le même jour, mon grand-père mourrait d’un cancer. Il avait plus de 90 ans, mais ça a été un choc pour moi. Souvent, on dit que c’est un peu normal pour une vieille personne, mais je ne trouve pas que ce soit normal de mourir de cette façon.
Quand je suis allée voir mon généraliste, après le diagnostic, il m’a dit : “Tout va bien, vous allez être très bien prise en charge, vous êtes en France, un cancer du sein, ça se soigne très bien.” Il a essayé de me rassurer, ce qui est normal. Mais moi, j’étais vraiment en colère.
Je me suis d’abord dit : “Pourquoi ça m’arrive à moi ?” À 45 ans, j’étais encore jeune. Je n’étais pas dans les statistiques. J’ai toujours vécu dans un environnement où on se soucie de l’alimentation et où on privilégie le bio. J’ai donc ressenti cette première colère, qui est légitime.
Puis m’est venue cette question : que font les politiques ? À ce moment-là, en France, à l’Assemblée nationale commençait l’examen de la loi Duplomb (une loi dont un article prévoyait la réintroduction de certains pesticides interdits en France, qui a fait l’objet d’un pétition contre ayant reçu plus de 2 millions de signatures, a finalement été promulguée mais sans cet article, et est entre autres à l’origine de la création du collectif Cancer Colère, ndlr.).Certain·es de nos députés étaient en train d’essayer de réintroduire l’acétamipride (un insecticide toxique pour la biodiversité, potentiellement pour la santé humaine et susceptible de provoquer le cancer, interdit en France depuis 2018, ndlr.) ! Même l’ordre des médecins s’est élevé contre cette loi – et ils ne sont pas connus pour être des gauchistes écolos.
Avant ça, je n’avais pas trop conscientisé le lien entre environnement et cancer. Lorsqu’on m’a annoncé ma maladie, on n’a jamais évoqué de causes. On ne nous parle quasiment jamais des facteurs environnementaux et sociaux. On est directement emmené·es dans un tunnel de guérison. Chimiothérapie, radiothérapie… Il faut se soigner. La plupart des oncologues prennent très peu le temps de discuter de ça. Parfois, on a l’impression que ça les dérange. Quand j’ai questionné mon oncologue, elle m’a dit “Les pesticides, ça nous dépasse”.
Il y a un malaise. Mais le doute n’est plus permis. Dernièrement, une étude menée par des chercheur·euses français·es et péruvien·nes documente les liens entre cancer et pesticides, et ce à l’échelle du Pérou (l’étude publiée dans la revue scientifique Nature Health montre une « association robuste » entre exposition environnementale aux principaux pesticides utilisés dans le pays et un risque accru de certains cancers dans plus de 400 zones réparties sur l’ensemble du territoire péruvien, ndlr.) !
Non loin de chez moi, à Nantes, il y a une commune qui s’appelle Sainte-Pazanne. Cette commune, c’est un cluster où 25 enfants ont déclaré un cancer ces dernières années (un collectif de parents se bat depuis des années pour identifier les causes de ces maladies et suspecte une concentration en pesticides et des champs electromagnétiques très élevés ndlr.). Une catastrophe ! J’ai un cancer, mais je n’ai pas envie que mon fils ou mes ami·es aient un cancer.
On connait tous et toutes quelqu’un dans sa famille ou ses proches qui a eu un cancer. Je suis allée à mon premier enterrement de mort du cancer à 35 ans pour une personne qui avait mon âge. C’est choquant, pourquoi tout le monde a des cancers ? Il ne faut pas se dire que c’est minoritaire. C’est une épidémie.
Souvent, on a déjà lu ou entendu des chiffres, on sait que beaucoup de gens ont des cancers, mais on ne se rend pas compte de l’ampleur avant d’être dans un hôpital avec d’autres malades. C’est pour ça qu’avec Cancer Colère, on cherche à sortir de l’invisibilité. C’est important que l’on puisse aussi se montrer malade dans l’espace public. Quand j’ai vu Fleur Breteau, la porte-parole de Cancer Colère qui était alors en chimio, accuser les députés qui venaient de voter la loi Duplomb d’être les alliés du cancer, je me suis dis qu’il fallait faire pareil et agir, pour que la honte change de camp !
Deux semaines après ma première chimio, j’ai perdu mes cheveux. J’ai décidé que je ne porterais pas de perruque. Je sortais le crâne nu – pas systématiquement, mais souvent. Certains jours, j’étais fatiguée, je n’avais aucune envie de passer une heure à me préparer, me maquiller, mettre un turban, faire mes sourcils.
Chacune fait comme elle veut et peut, mais pour moi c’est important de montrer ce que le cancer fait aux corps, de casser l’imaginaire et les injonctions des magazines où l’on voit des femmes souriantes, le teint frais, avec un joli turban. Il ne faut pas banaliser cette maladie, ses causes et ses répercussions. Il faut qu’elles soient prises en compte comme une question politique. C’est le but de notre collectif.
Lors de l’une des premières opérations de tractage qu’on faisait avec Cancer Colère à Nantes, dans un centre de lutte contre le cancer, on nous a viré·es et fait la morale sur la question de la colère, qui ne serait pas un sentiment porteur pour la guérison. Moi, je crois au contraire que d’extérioriser et de partager sa colère avec un collectif, c’est salvateur. Je ne reste pas seule avec mes angoisses et j’agis. La colère, c’est un terme de combat. Via le collectif, on la transforme en action, on lutte… et c’est aussi assez joyeux de le faire ensemble !
Noémie
Nantes, 13 maggio 2026,
L’anno scorso, nel mese di aprile, ho saputo di avere un tumore al seno. Lo stesso giorno, mio nonno è morto di cancro. Aveva più di 90 anni, ma per me è stato uno shock. Spesso si dice che sia un po’ normale per una persona anziana, ma io non trovo normale morire in questo modo.
Quando sono andata dal mio medico di base, dopo la diagnosi, mi ha detto: “Va tutto bene, sarà seguita molto bene, è in Francia, un tumore al seno si cura molto bene”. Ha cercato di rassicurarmi, il che è normale. Ma io ero davvero infuriata.
All’inizio mi sono detta: “Perché sta succedendo proprio a me?”. A 45 anni ero ancora giovane. Non rientravo nelle statistiche. Ho sempre vissuto in un ambiente in cui si faceva molta attenzione all’alimentazione, mangiavamo molti prodotti biologici. Ho quindi provato quella rabbia iniziale, che è legittima.
Poi mi sono chiesta: cosa fa il mondo della politica? In quel momento, in Francia, l’Assemblea nazionale stava iniziando l’esame della legge Duplomb (Una legge il cui testo includeva un articolo che prevedeva la reintroduzione di alcuni pesticidi vietati in Francia, che è stata oggetto di una petizione contraria firmata da oltre due milioni di persone. Alla fine, la legge è stata promulgata senza quell’articolo ed è, tra l’altro, all’origine della nascita del collettivo Cancer Colère. N.d.R.). Alcunз deputatз stavano cercando di reintrodurre l’acetamiprid (un insetticida tossico per la biodiversità, potenzialmente per la salute umana, nonché un potenziale agente cancerogeno, vietato in Francia dal 2018, N.d.R.). Persino l’ordine deз medicз si è opposto a questa legge – categoria non certo nota per essere composta da ecologistз di sinistra.
Prima di allora, non avevo ben compreso il legame tra ambiente e cancro. Quando mi è stata diagnosticata la malattia, non mi è mai stato detto niente delle sue cause. Nulla si dice dei fattori ambientali e sociali. Si viene direttamente trascinatз verso il tunnel della guarigione. Chemioterapia, radioterapia… Bisogna curarsi. La maggior parte deз oncologз dedica pochissimo tempo a discuterne. A volte si ha l’impressione che la cosa lз infastidisca. Quando ho chiesto spiegazioni alla mia oncologa, mi ha detto “I pesticidi, sono una cosa che va oltre le nostre competenze”. C’è un certo disagio. Ma non c’è più spazio per il dubbio.
Recentemente, uno studio condotto da ricercatorз francesi e peruvianз ha documentato i legami tra cancro e pesticidi (Lo studio, pubblicato sulla rivista scientifica Nature Health, mostra una “forte associazione” tra l’esposizione ambientale ai principali pesticidi utilizzati in Perù e un aumento del rischio di alcuni tumori in oltre 400 zone di tutto il territorio nazionale, N.d.R.).
Non lontano da casa mia, a Nantes, c’è un comune che si chiama Sainte-Pazanne. In questo comune, negli ultimi anni, il tumore è stato diagnosticato a 25 bambinз (un collettivo di genitori lotta da anni per identificare le cause di queste malattie e sospetta una concentrazione di pesticidi e campi elettromagnetici molto elevati, N.d.R.). È una vera catastrofe. Ho il cancro, e non voglio che venga anche a mio figlio o aз miз amicз.
Tuttз conosciamo qualcunə nella nostra famiglia o tra з nostrз carз che ha avuto il cancro. Sono andata al mio primo funerale per un decesso dovuto al cancro a 35 anni, era una persona che aveva la mia età. È scioccante, perché tuttз hanno il cancro? Non bisogna pensare che sia una minoranza. È un’epidemia.
Spesso abbiamo già letto o sentito delle cifre, sappiamo che molte persone hanno il cancro, ma non ci rendiamo conto della portata del fenomeno finché non ci troviamo in un ospedale con altrз malatз. È per questo che con Cancer Colère cerchiamo di uscire dall’invisibilità. È importante poter mostrare la propria malattia anche in pubblico. Quando ho visto Fleur Breteau, la portavoce di Cancer Colère che all’epoca era in chemioterapia, accusare з deputatз che avevano appena votato la legge Duplomb di essere alleatз del cancro, mi sono detta che bisognava fare lo stesso e agire, affinché la vergogna cambiasse schieramento!
Due settimane dopo la mia prima chemio, ho perso i capelli. Ho deciso che non avrei indossato una parrucca. Uscivo a capo scoperto – non sempre, ma spesso. Alcuni giorni ero stanca, non avevo alcuna voglia di passare un’ora a prepararmi, a truccarmi, a mettermi un turbante, a farmi le sopracciglia.
Ognuna fa come vuole e come può, ma per me è importante mostrare cosa fa il cancro al corpo, rompere l’immaginario e le imposizioni delle riviste dove si vedono donne sorridenti, con la carnagione fresca e un bel turbante. Non bisogna banalizzare questa malattia, le sue cause e le sue ripercussioni. Queste devono essere considerate una questione politica. È questo l’obiettivo del nostro collettivo.
Durante una delle prime operazioni di volantinaggio che abbiamo fatto con Cancer Colère a Nantes, in un centro di lotta contro il cancro, siamo state cacciate e ci hanno fatto la predica sulla questione della rabbia, dicendoci che non è un sentimento favorevole alla guarigione. Io, al contrario, credo che esternare e condividere la propria rabbia con un collettivo sia salvifico. Non resto sola con le mie angosce e agisco. La rabbia serve per combattere. Attraverso il collettivo, la trasformiamo in azione, lottiamo… ed è anche piuttosto bello farlo insieme!
Noémie